Shanghai abrite une grande communauté Ch'ti dont fait partie Caroline Lherbier. Associée du cabinet d'avocats lillois Bignon-Lebray, qui a ouvert un bureau de représentation en Chine, elle coanime ce réseau et en connaît bien d'autres... Une belle porte d'entrée pour tous ceux qui veulent tenter l'expérience chinoise.
Les Ch'tis à Shanghai Né il y a trois ans, ce réseau compte 300 membres inscrits représentant une cinquantaine d'entreprises. Il se réunit toutes les trois semaines autour d'un repas qui rassemble en moyenne 50 participants. « Nous recevons des délégations nordistes, comme Décathlon et Auchan, des autorités lilloises... Nous commençons à être connus. Des connexions se font, dans un esprit de solidarité, explique Caroline Lherbier en cheville ouvrière. On a plus d'amis lillois en Chine qu'à Paris ! On se mélange un peu avec les Marseillais et on se sent toujours très proches de Lille. » Les soirées et manifestations sont nombreuses. « C'est très important pour tenir ! », confie Caroline Lherbier. Le président du réseau n'est autre que le fils du maire de Croix, Julien Cauche, employé par Happychic. Le club compte aussi Grégoire Prouvost (AQM) et Alexandre Godvin qui a « beaucoup d'entrées » Le premier a lancé là-bas Cheers-In, une chaîne de distribution de bières Ch'tis avec commande en ligne. Histoire de ne pas être trop déraciné !
Son bureau de représentation
Les entreprises françaises qui souhaitent s'implanter en Chine peuvent aussi compter sur les réseaux des bureaux de représentation, comme celui de Bignon-Lebray avec cinq personnes sous la direction de Rémi De Gaulle (un nom qui plaît). « Quand on arrive en Chine, les affaires sont très compliquées. Il y a un mélange de vie privée et de vie pro. Vos clients sont vos amis... Dans le business, vous êtes obligés d'avoir un intermédiaire chinois. Les codes sont différents des nôtres et on peut vite mettre les pieds dans le plat en arrivant. La négociation est permanente, tout se négocie ! Il faut bien s'entourer. Après le Nouvel an chinois, par exemple, 70 % de votre personnel ne revient plus jamais travailler », indique Caroline Lherbier qui facilite le business. Elle accompagne à la fois les sociétés françaises à investir au pays du soleil levant et inversement des Chinois en France, essentiellement dans le vignoble. « 70 % de nos clients français sont Lillois, de la grande distribution, du textile, des TIC, du design... Les Nordistes s'en sortent mieux que les autres en Chine. Des enseignes comme Auchan, Promod, Happychic connaissent des croissances de + 20 % là-bas ! Le modèle français se vend bien en Chine. Il faut venir maintenant avant qu'il ne soit trop tard », conseille-t-elle.
Ses réseaux consulaires
Autres appuis de choix pour Caroline Lherbier en Chine : les CCI. Son trio favori : américaine, belge et canadienne. Elle cite aussi la Jeune chambre économique française et la CCI franco-chinoise. « Elles mettent en relation facilement les gens et disposent d'un annuaire énorme des Français sur place... Très pratique ! »
Ses réseaux non officiels
Et puis, il y a tous les autres lieux de vie, qui constituent autant de réseaux non officiels. « C'est important de fréquenter les salles de sport et les restaurants où on trouve des journaux gratuits en français », indique par exemple Caroline Lherbier.
Ses réseaux sociaux type « QQ
» Les brouilleurs d'internet chinois, qui bloquent Facebook et YouTube, n'empêchent pas à Caroline Lherbier de réseauter sur le web : « Ils ont développé des réseaux sociaux chinois appelé QQ, mais internet reste très lent. »
Géry Bertrande
Associée du cabinet d'avocats lillois Bignon-Lebray, Caroline Lherbier vit en Chine où elle anime avec d'autres jeunes entrepreneurs la communauté des Ch'tis expatriés.