Le plan d'actions de votre mandature entend valoriser l'image de la zone industrielle de Carros, en prônant entre autres des actions concrètes d'écologie industrielle. Un copier-coller du cahier des charges de l'Eco-Vallée ?
Ce n'était pas notre volonté première, mais ça y ressemble en effet. Nous allons bien sûr poursuivre les grands chantiers engagés sous la présidence de René Garacci, qui ont fait les succès de la zone industrielle de Carros, comme le plan de déplacement inter-entreprises ou de traitement des déchets. Mais la porte reste ouverte aux initiatives : participation à la dynamique Smart Grid ou création d'un réseau de chaleur à partir du recyclage des déchets... Autant d'actions qui donneront de la valeur à notre territoire. Je crois qu'un club d'entreprises comme le nôtre doit faire bouger les lignes, pousser les dynamiques, pour donner envie de s'y installer.
Encore faut-il qu'il y ait du foncier disponible... On parle d'une extension de la zone. Qu'en est-il exactement ?
Il y a des possibilités. La première d'entre elles serait d'assouplir un certain nombre de contraintes, dont la règle qui interdit de construire sur plus de 50 % des parcelles. Maintenant qu'il y a les digues, nous souhaitons étendre le potentiel constructible des terrains à 70 %, comme cela se fait dans les autres zones industrielles. Cela libérerait des possibilités pour les entreprises et apporterait une dynamique économique.
Mais cela ne concerne pas les entreprises exogènes...
Il est vrai qu'il faut qu'on arrive à leur proposer des solutions. Dans ce sens, on va participer à la réflexion du PLU, en accord avec la copropriété et les autorités locales. En tant qu'exploitant, je défendrais éternellement le droit à construire sur la zone, à condition qu'il ne concerne pas le commerce. Dans zone industrielle, il y a industrielle. La tendance à la mixité des activités n'est pas possible ici en raison de la rareté foncière. Si on lâche sur ce point, l'industrie carrossoise n'y résistera pas. Or nous sommes la seule vraie zone industrielle marquée et identifiée sur le territoire de l'OIN.
Quel avenir voyez-vous pour l'industrie azuréenne ?
L'Eco-Vallée, encore et toujours ! Quand on parle d'un territoire qui se développe sur l'environnement et le développement durable, si on n'y inclut pas l'économie industrielle, on loupe un bout du sujet. La vraie dynamique économique passe par l'industrie. Les services et les bureaux d'études ne suffisent pas. L'industrie y sera active et responsable.
Pourtant, les premiers schémas d'aménagement de l'Eco-Vallée, avec les projets du Grand Arénas et Nice Méridia, concernent essentiellement le logement, le commerce, le tourisme d'affaires et l'activité tertiaire. Où est l'industrie ?
Je vous fais le pari qu'elle viendra. L'aménagement d'une opération d'intérêt national s'étale sur vingt, trente ans. Là, on parle de projets sur les cinq prochaines années. Beaucoup de parcelles appartiennent à des acteurs indépendants. On ne peut pas y faire d'aménagement urbain. L'industrie y aura sa place. En attendant, il faut le voir comme une opportunité et ce, non pas que pour les entreprises positionnées dans le domaine du développement durable, mais aussi pour toutes celles qui s'inscrivent dans cette démarche.
Réseau Christophe Bourgue, qui vient de prendre la présidence du Club des Entreprises de Carros (CAIPDV), entend valoriser la zone industrielle au sein de l'OIN.