À qui appartiennent les entreprises du Cac 40 ? Une étude d’Euronext, la société qui gère plusieurs marchés boursiers européens dont Paris, tente de répondre à cette question. Premier enseignement de cette étude publiée le 18 mars : la réponse est incomplète parce que 33,7 % des actionnaires ne sont pas identifiés. Un tiers de l’actionnariat du CAC 40 passe en effet sous les radars. Pour Euronext, cette opacité s’explique du fait de la fragmentation de l’actionnariat et des règles de l’Autorité des marchés financiers n’obligeant pas la publication des informations en dessous d’un certain seuil.
La puissance des fonds américains
Sur les actionnaires identifiés, les gestionnaires d’actifs dominent. En 2023, ces fonds contrôlent 25 % de l’actionnariat des 40 plus grandes capitalisations boursières françaises. Leur contrôle sur les entreprises du CAC s’est accru de 4 points par rapport à 2012. Les trois fonds les plus puissants sont américains : Vanguard, BlackRock et Capital Group possèdent chacun entre 2 % et 2,4 % du Cac 40.
Le CAC 40, une affaire de famille
Une seule famille fait mieux que ces trois géants américains réunis : la famille Arnault. Détenteur de 48,6 % du leader mondial du luxe LVMH, la famille dirigée par Bernard Arnault détient à elle seule 7,3 % des actions du CAC.
La Bourse reste une affaire de famille. Leur poids s’est même considérablement renforcé lors de la dernière décennie : les familles et les fondateurs détenaient 9,7 % des actions du CAC40 en 2012. Cette proportion est passée à 21 % en 2023. Derrière la famille Arnault, on retrouve celles d’Hermès (propriétaire de la maison de luxe du même nom), de Bettencourt Meyers (L’Oréal) et Del Vecchio (EssilorLuxottica).
Le contrôle des États recule
L’actionnariat du CAC 40 est aussi composé de milliers de personnes, qu’il s’agisse d’investisseurs particuliers (propriétaire de 5,4 % des titres) ou de salariés des entreprises (3 %). Le capital des principales capitalisations boursières tricolores est aussi détenu par des personnes morales, entreprises, institutions financières et États. Les participations étatiques déclinent sur la dernière décennie. Les États ne détiennent plus que 5,1 % du capital des entreprises du Cac 40 en 2023, contre 9 % en 2012.
La Norvège deuxième actionnaire étatique après la France
L’État français a ainsi réduit ses participations au sein d’Engie, d’Orange ou encore de Renault. Au 30 juin 2024, la valeur de portefeuille de l’agence des participations de l’État se montait à 179 milliards d’euros, avec des participations dans Airbus, Safran, Thales ou encore FDJ.
Détenteur de 2,5 % du capital des entreprises du CAC 40, l’État français est talonné par un autre pays pour le moins insoupçonné : la Norvège. À travers son fonds souverain, le Government Pension Fund Global, qui investit les revenus pétroliers du pays, l’État norvégien est présent au capital d’environ 130 entreprises françaises, dont de nombreuses du Cac 40, comme TotalEnergies, Danone, Axa ou Pernod Ricard.