À Dunkerque, deux saisons après le rachat de son fournisseur nordiste Cabanon, fabricant de tentes, l'hôtelier lyonnais de plein air Huttopia tire un bilan positif. «Nous avons passé un exercice complet à l'issue duquel nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés, confie Céline Bossanne, directrice marketing et communication d'Huttopia. Comme toute reprise, il faut un temps d'observation et d'adaptation. C'est une année assez encourageante», ajoute la dirigeante. Enthousiasme partagé par son mari, Philippe Bossanne, P-dg du groupe: «Les choses vont dans le bon sens. Le retour de la toile dans les campings a tiré l'activité économique de l'entreprise. Cabanon est une marque qu'il faut réveiller. Cela reste un défi.» Le premier exercice de 17 mois s'est soldé par un CA de 9,6M€ avec un résultat positif. De son côté, Huttopia (100 salariés) réalise 11M€ en consolidé.
Innovation Cabanon est en pleine «structuration» et a créé trois nouveaux modèles de tentes dédiées à la location dont de nombreux campings se sont équipés. Ce nouveau marché est apporté par Huttopia. Le spécialiste de l'hôtellerie de plein air dispose lui-même de 15 campings en France et 14 au Canada où un bureau vient d'être ouvert par un VIE. Objectif: vendre de la tente Cabanon. L'export représente 50%, mais principalement sur l'Angleterre et la Hollande. Cabanon disposera aussi, sous 2mois, de son site marchand associé à 10 points de démonstration en France: «Une révolution». Pour le repreneur, «l'innovation est au centre de l'entreprise». Membre d'Oseo Excellence, Huttopia a engagé chez Cabanon un plan de 800 K€ sur 2 ans sur la matière et l'ergonomie. «Nous voulons favoriser la filière de lin local.»
Un nouveau directeur À Dunkerque, le directeur de l'usine Éric Lemaire a cédé sa place à un ingénieur des Mines de 37 ans issu de l'automobile, Thomas Chanu, «pour se recentrer sur les questions commerciales». L'effectif atteint désormais 77 salariés après le recrutement de 5 personnes depuis la reprise. Huttopia a procédé à un seul licenciement d'un cadre supérieur. Six demandeurs d'emploi ont aussi été sélectionnés avec Pôle Emploi pour la création d'un centre d'apprentissage maison. «Nous espérons pérenniser trois postes», indique Philippe Bossanne. Signe fort pour sauvegarder le savoir-faire de couturier. «Nous avons beaucoup de raisons de continuer à produire en France en faisant de petites séries de grande qualité.» D'autres chantiers sont lancés comme la construction d'un nouvel espace de stockage attenant à l'usine pour rapatrier les stocks aujourd'hui éloignés dans un bâtiment en location.
G.B.