Un million d'euros. C'est ce que va investir le torréfacteur Brûlerie d'Alré dans de nouveaux locaux et de nouvelles machines. Un montant très lourd rapporté à la taille de cette structure basée à Plougoumelen, incluant un doublement de la surface actuelle de 1.000m² et une nouvelle ensacheuse, notamment. Une enveloppe qui permettra aussi de mieux développer les "Pods", ces capsules de café individuelles qui connaissent un véritable boom et dont la production vient tout juste de démarrer à la Brûlerie d'Alré. Elles seront commercialisées auprès de la restauration haut de gamme et des brasseries branchées.
58% en cafés, hôtels et restaurants
«C'est un investissement sur une douzaine d'années», signale Erik Hébert, président de cette affaire familiale créée en 1971 dans laquelle il travaille depuis 1974. «Si je ne savais pas que mes fils sont là pour prendre la relève, j'aurais d'ailleurs sûrement calmé mes ardeurs.» L'aîné, Hugo, a développé le pan distribution automatique dans les entreprises et les administrations, qui représente 25% du chiffre d'affaires. Le cadet, Jimmy, est destiné à piloter à terme l'ensemble du segment CHR (cafés hôtels restaurants), qui pèse 58% de l'activité. La vente directe en boutique, notamment dans le point de vente originel conservé à Auray, représente un peu moins de 10%. Quant aux ventes dans la grande distribution, elles occupent environ 8%. La Brûlerie d'Alré a même été récemment référencée par Système U/U de Bretagne dans une centaine de magasins sur quatre départements. De quoi multiplier par deux son nombre de clients en GMS (grandes et moyennes surfaces).
Avances sur remises
«50% de mes volumes en GMS, ce serait dangereux», remarque pourtant le dirigeant qui s'inquiète d'ailleurs de certaines tendances dans le monde de l'hôtellerie-restauration. «Nos concurrents les brasseurs, qui vendent un produit industriel, travaillent de plus en plus selon un système d'avance sur remise. La crise aidant, de plus en plus de tenanciers sont intéressés. Quelqu'un qui veut racheter un bistrot un million d'euros va se voir proposer, pour l'aider à financer le rachat, 250.000euros en avance sur remise en fonction des volumes d'hectolitres de bière à l'année.» Sans forcément maîtriser pendant la durée d'un tel contrat la qualité et les tarifs des boissons livrées. Pas de ça à la Brûlerie d'Alré, qui préfère faire du «commerce avec ses produits plutôt qu'avec le carnet de chèque», selon Erik Hébert. Et peaufiner la courbe de cuisson de ses différentes variétés de café. À l'ancienne, manuellement. Ou grâce à un torréfacteur automatisé informatisé qui aura nécessité 400.000euros d'investissement.
Brûlerie d'Alré
(Plougoumelen)