Bretagne : Régionales : le patronat veut faire entendre sa voix
# Politique économique

Bretagne : Régionales : le patronat veut faire entendre sa voix

CCI, Medef, UPA… Tout le monde y va de son livre blanc, à un mois des élections régionales. Le patronat veut faire entendre sa voix. Les propositions sont variées pour la défense de la Bretagne : emploi, énergie, transport, financement... Tour d’horizon de ces programmes parallèles.

A la veille des élections régionales, les propositions ne manquent pas du côté du patronat. L'Union des entreprises - Medef Bretagne (20.000 entreprises de 18 branches professionnelles représentant 300.000 salariés) a concentré 8 "priorités pour la Bretagne" dans un livre blanc remis aux candidats et écrit en associant trois entreprises (SNCF, EDF et ErDF). L'organisation patronale a déjà rencontré Marc Le Fur (LR-UDI-Modem) et doit rencontrer prochainement Jean-Yves Le Drian (PS-PRG) et leurs équipes, pour partager ses convictions.

La preuve par 8

De son côté aussi, la CCI Bretagne livre ses "8 chantiers prioritaires". Alain Daher, président régional souhaite ainsi "délivrer un message volontariste et positif". Avec l'enjeu transversal du numérique en toile de fond (la fédération Syntec numérique vient d'ailleurs de rejoindre le Medef Bretagne). "Il nous paraissait naturel de produire des priorités", souligne pour sa part Joël Chéritel, président du Medef breton, qui le justifie par la "situation dégradée" du pays.

Priorité n°1 : des économies !

Sa priorité des priorités est d'ailleurs l'effort financier demandé à la future équipe régionale, que le patronat souhaite "bienveillant à l'égard des entreprises" et "économe de la dépense publique". Ce "handicap important" qui plombe les comptes des collectivités locales : "57% du PIB français contre 49% pour la moyenne européenne et 46% en Allemagne." Le patronat "attend de la Région qu'elle accompagne une politique de l'offre". Pour Joël Chéritel, cette campagne électorale "ne doit pas être une course à l'échalote des grands projets que l'on a ensuite tant de mal à financer en créant un peu plus de dettes laissées à nos enfants !"

Deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite non remplacés

Dans ses propositions, le patronat breton par la voix du Medef va même plus loin en appelant à "ne pas remplacer deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite". Les autres propositions, plus classiques, reprennent les griefs habituels des organisations patronales au plan national, sur la question des charges pesant sur les entreprises et les aides mises en face, mais aussi la simplification administrative, l'apprentissage... Un sujet cher aux artisans de l'UPA (53.077 entreprises en Bretagne, soit 125.112 salariés) qui appelle notamment à "maintenir des aides financières aux entrepreneurs s’investissant dans la formation". L'apprentissage n'a plus le vent en poupe faute de soutien et d'incitation, dénoncent les dirigeants d'entreprise bretons.

Financer l'économie et le bâtiment

Autre priorité : le financement et notamment l'intégration du secteur du bâtiment dans le refinancement à guichet ouvert au niveau européen à une ressource la moins chère possible... Et Hugues Vanel, président de la Fédération régionale du bâtiment de réclamer un droit à l'expérimentation en la matière : "Nous avons un potentiel considérable... Sur 1,7 million de logements en Bretagne, 40% ont été construits avant 1975. Nous sommes en capacité de développer énormément d'activité." La CCI fait la même proposition d'"outils financiers plus adaptés à la rénovation énergétique des bâtiments".

Redessiner la carte des transports

Une priorité importante concerne les transports. Un enjeu majeur selon Philippe Plantard, délégué régional de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) Bretagne : "Peu de candidats évoquent le transport mais, dans le cadre de la loi Macron et cette compétence allouée aux Régions à partir de 2017, la part du budget transport de la Région Bretagne va passer de 25 à 50% de son budget global." Il y voit une "opportunité de remise à plat" du réseau breton. "Nous pouvons redessiner complètement la mobilité des Bretons, supprimer les doublons, harmoniser l'offre... Le quotidien des Français, ce n'est pas le TGV !" Et tous de réclamer l'aéroport du Grand Ouest (AGO) - Notre-Dame des Landes pour ne pas le citer - mais aussi Brest et Quimper à 1h30 de Rennes, et à 3h de Paris. Le Medef ressort aussi le projet de "contournement large de Rennes" qui, à quatre ans, arrivera à saturation comme Nantes, prédit le patronat. Que retiendront les candidats ? Que mettront-ils en œuvre ? Réponse après le scrutin... Quant à savoir quel candidat est le plus proche de ses propositions, le patronat se gardera bien de prendre parti.

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