"Une évolution anticipée depuis 2009"
Au 1er avril 2015, les producteurs de lait français et européens vont sortir du système de la production laitière encadrée et administrée depuis 30 ans. Un changement redouté par beaucoup, mais que la direction de Laïta (2 420 salariés, 1,2 milliard de CA) semble aborder avec sérénité. "Pour les producteurs de lait Paysan Breton, l’atterrissage se fait en douceur, l’évolution étant anticipée par Laïta et ses actionnaires (les coopératives Even - Terrena - Triskalia, NDLR) depuis 2009, date à laquelle ils ont regroupé leurs activités lait", indique-t-elle dans un communiqué. Depuis lors, "les éleveurs ont eu la possibilité de produire jusqu’à 10% de lait supplémentaire. Concernant la seule campagne laitière 2014-2015 (qui se termine fin mars, NDLR), en concertation avec les producteurs adhérents à ses coopératives, Laïta a ouvert le “droit à produire” pour ceux qui le souhaitaient de +15%. Sur la campagne 2015-2016, la hausse de collecte attendue est de + 2 à + 3% par rapport à l’année précédente".
Des volumes en hausse de 16% en 5 ans
En 5 ans, les volumes de lait Paysan Breton ont ainsi augmenté de +16%, passant de 1,2 milliards de litres de lait en 2009 à environ 1,4 milliards en 2014. Les prévisions pour la collecte 2015-2016 s’élèvent à 1.460 milliards de litres de lait, et à l’horizon 2020, c’est une progression de + 15% qu'ambitionne l’entreprise coopérative, via différents marchés à valeur ajoutée et particulièrement à destination de l'export, qui représente 18% des ventes. En France, la GMS représente 77 % de son activité, quand la restauration hors-domicile atteint 5%. Le beurre reste le principal fonds de commerce de la marque (78%), suivi par les fromages fouettés Madame Loik (6%), et, à hauteur de 3% chacun, par le lait ribot, la crème fraîche, les crrêpes et les fromages de plateaux. De quoi hisser Paysan Breton en 2ème position sur le podium des marques nationales sur le marché global du beurre (15.5 % de PDM) et en première place sur le marché national du beurre moulé doux et demi sel (46.1 % de PDM).
De l'espoir dans une conjoncture difficile
"Après une baisse importante de la demande de lait, à laquelle s’est ajouté l’embargo Russe en 2014, le déséquilibre entre l’offre et demande entraîne une conjoncture difficile pour l’ensemble de la profession en ce début d'année", analyse la direction de Laïta, pour laquelle Paysan Breton représente 19% du CA total et 33% de l’activité Produits de grande consommation. "Cependant, d’un point de vue structurel, les perspectives mondiales pour valoriser le lait restent très favorables : la croissance de la demande mondiale en produits laitiers est estimée à +2.5% par an".
Flux tirés et grand export
Pour tirer son épingle du jeu, Laïta mise sur une approche en “flux tiré”, intégrant à la fois les souhaits des producteurs de lait, les capacités des outils de production, mais aussi les ouvertures et développements de Laïta sur les différents marchés en France et dans le monde, via des produits à valeur ajoutée. Objectif : limiter autant que possible les effets de la volatilité des marchés laitiers mondiaux. "A cet égard, il faut rappeler que le marché intérieur national (produits de grande consommation) est un marché devenu mature avec peu de potentiel de développement, mais comprenant une faible volatilité des prix (à environ 10%.). Tandis que les marchés du grand export, à forts potentiels, sont quant à eux soumis à des fluctuations et à une volatilité importante, allant de 50 à 70%. Le grand export constitue donc désormais une voie importante de croissance", rappelle la direction.
Une vitrine pour s'imposer sur les marchés
Autre angle d'attaque pour Laïta : davantage de produits transformés à valeur ajoutée, moins de produits basiques plus directement dépendants des cours mondiaux. Une stratégie dont Paysan Breton, marque phare de Laïta, constitue l'un des leviers. "Au cœur de la logique de valorisation du lait, Paysan Breton constitue une vitrine crédible et bien visible, à même de s’imposer sur les différents marchés. Plus la marque se développe, plus cela contribuera à moyen terme à réduire les impacts des fluctuations des marchés mondiaux et la volatilité des prix".
Investissements massifs et innovation
Depuis 2009 le processus de développement des activités Laita s’est par ailleurs accéléré. Les capacités de transformation du lait ont été augmentées de + 15 % en 5 ans, et le groupe ne cesse d'investir : en moyenne 40 M€ chaque année. Derniers investissements en date, et non des moindres : 80 millions d’euros pour le domaine des ingrédients secs, ou encore 20 millions d’euros à Ploudaniel (nord Finistère) en 2013, un investissement qui se finalisera en 2015 pour renforcer la production de fromages à pâtes cuites destinés à l’export. "La R&D occupe aujourd’hui 100 collaborateurs, précise encore la direction, pour laquelle " l’innovation et les nouvelles technologies, par exemple pour la valorisation de toutes les fractions du lait, représentent une source importante de création supplémentaire de valeur".
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