Sabella victime d'une cyberattaque entraînant la perte des données de sa nouvelle hydrolienne au large de Brest. Le scénario est bien réel et s'est produit ces jours-ci. Pour s'en prémunir, des groupes comme Sopra-Steria luttent, au service notamment de la défense nationale. Dans les pas de Sopra-Steria, qui recrute massivement dans l'Ouest, les PME sont encouragées à suivre l'exemple. Pour les motiver, le conseil régional de Bretagne lance un deuxième appel à projets ouvert à toutes les filières, pourvu que le "cyber" soit intégré dans leur stratégie. A la clé : 800.000 euros sous forme de subventions ou d'avances remboursables. Onze entreprises en ont déjà bénéficié lors d'un premier appel assorti de 600.000 euros.
Subventions ou avances remboursables
Pour les projets inférieurs à 200.000 euros et les plus éloignés du marché, l'aide régionale prendra la forme d'une subvention pourvant atteindre 70.000 euros. Au-delà, il s'agit d'une avance remboursable à taux nul, plafonnée à 50% du coût total, versée au chef de file. Les porteurs de projets (logiciels, mobilité, tests...) ont jusqu'au 27 juin pour candidater auprès de la Meito ou directement sur le site de la Région. Les résultats seront connus en octobre 2016. En juin, un colloque cyber professionnel sera aussi organisé à Rennes.
Vers un troisième bâtiment à Chartres-de-Bretagne
Président du conseil régional et ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a fait de la cybersécurité et cyberdéfense son cheval de bataille. Et la région Bretagne une terre d'excellence en la matière. Il l'a redit haut et fort lors de la pose de la première pierre d'un deuxième bâtiment de 1.000 m² à Chartres-de-Bretagne, au sud de Rennes, construit par les groupes rennais Jeulin et Launay, pour accueillir 100 nouveaux salariés de Sopra-Steria qui en compte déjà 1.900 dans l'Ouest (1.200 à Nantes sur cinq sites ; 700 à Rennes sur quatre sites). Un troisième bâtiment est évoqué à Chartres-de-Bretagne à horizon 2-3 ans...
325 recrutements Sopra-Steria dans l'Ouest
Ce géant informatique français (38.000 salariés, CA : 3,6 Md€) a prévu cette année 200 recrutements à Nantes et 125 à Rennes. "Nous voulons nous développer ici, progressivement", souligne Laurent Giovachini, directeur général adjoint du groupe dont le business est porté à 20% par le secteur aérospace-défense. Parmi ses contrats, Sopra-Steria livre actuellement le nouveau système de gestion de la solde des soldats français, remis en ordre. Il gère aussi le système de commandement interarmées (SIA 2012-2020), les flux logistiques pour le maintien en conditions opérationnelles, etc. "L'enjeu est essentiel, rappelle Jean-Yves Le Drian. L'interconnexion à tous les échelons est indispensable pour une boucle de décision très rapide. La région Bretagne a tous les atouts pour être à la pointe et à l'avant-garde du cyberespace, devenu un enjeu de bataille, un sujet de souverenaité pour la France. Nous sommes encore un peu désarmés face à ces attaques cyber...", reconnaît-il.