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Brest : Printemps : à l'heure de passer la main, Michel Brin revient sur 20 ans de commerce
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Brest : Printemps : à l'heure de passer la main, Michel Brin revient sur 20 ans de commerce

L'heure de la retraite approchant, Michel Brin, directeur du magasin Printemps, cherche un remplaçant pour lui succéder. Il nous livre sa vision du commerce à Brest depuis ces vingt dernières années. Entretien.

Michel Brin, vous êtes directeur du magasin Printemps, à Brest, depuis 1992. Quelles grandes mutations le magasin a-t-il connu depuis ?

Pour être exact, je suis arrivé à Brest bien avant, en 1981, en tant qu'adjoint de direction. Quand le directeur a décidé de prendre sa retraite, en 1992, c'est tout naturellement moi qui l'ai remplacé. Pour l'anecdote, à mon arrivée, il n'y avait pas encore de caisse enregistreuse: les caissières notaient les ventes au stylo sur d'immenses feuilles... Le magasin avait encore l'enseigne "Magasins Jean", et j'avais la charge d'y intégrer les gènes "Printemps". On venait de supprimer le rayon tapis, mais il y avait encore la partie tissus au mètre, avec un service de confection d'ameublement. D'autres rayons étaient en plein essor: les accessoires féminins, la parfumerie et tout ce qui touche à l'équipement de la personne, notamment le prêt à porter. Ce sont aujourd'hui des secteurs phares, la parfumerie mise à part car elle a disparu depuis. Durant toute cette période, il y a aussi eu différentes phases de rénovation et d'aménagement : d'un magasin de province, nous sommes parvenus à faire un grand magasin qui n'a absolument pas à rougir vis-à-vis des grands magasins parisiens. En vingt ans, nous avons tout de même investi entre 12 et 15M€. Aujourd'hui, c'est à mon tour de passer la main, et nous cherchons actuellement un nouveau directeur pour me remplacer.


Au-delà du magasin en lui-même, le commerce de centre-ville a lui aussi évolué à Brest. Quel regard portez-vous sur ces évolutions ?

Effectivement, dans les années 80, l'évolution du commerce de centre-ville était favorable au développement des grands magasins, et le commerce de périphérie n'en était qu'à ses débuts. Dans les années 90, on a vu se développer les grands centres commerciaux de périphérie, avec un effet d'aspiration sur le centre-ville. Ce furent des années où les investissements des grands magasins étaient limités. À la fin des années 90, il y a eu une reprise de l'activité en centre-ville, grâce à une prise de conscience collective des acteurs du commerce et à de nouveaux investissements. Puis vint la période des travaux du tramway, qui ont duré deux ans et demi, jusqu'en 2012. Sur ces années, nous avons réussi à maintenir l'activité, mais ce ne fut pas le cas de tout le monde : beaucoup de petits commerces ont eu du mal à passer le cap et ont disparu depuis. L'année qui a suivi la mise en service du tramway, en revanche, l'activité a repris de plus belle et nous avons renoué avec des croissances entre 9 et 10% par an. Depuis cette année, par contre, ça redevient très difficile et on en vient à se demander si l'effet tramway ne bénéficie pas uniquement à la périphérie. Ça devient même inquiétant.

Quelles seraient vos préconisations pour soutenir le commerce de centre-ville?

Il y a un vrai problème de communication sur les accès au centre-ville, le stationnement, etc. D'autre part, la création d'un poste de manager de centre-ville serait une bonne chose pour faire le lien entre la municipalité et les commerçants. Par ailleurs, la concurrence d'Internet se développe avec des moyens que les commerces de centre-ville n'ont pas, et notamment le fait d'être ouverts 24h sur 24. Avoir davantage de latitude pour ouvrir certains jours fériés ou certains dimanches, surtout en fin d'année, pourrait être un bon coup de pouce et nous mettrait sur le même pied d'égalité que des villes voisines comme Quimper, Morlaix ou Rennes. Je ne suis pas un fervent défenseur du travail dominical, mais la loi autorisant douze dimanches par an, à Brest, cinq, ça serait déjà bien !

Printemps
(Brest)
Directeur : Michel Brin
78 salariés dont 38 travaillant pour le compte de Printemps
12M€ de volume d'activité
6M€ de chiffre d'affaires
02 98 44 65 65

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