BPC : Saint-Nazaire au profit de Brest
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BPC : Saint-Nazaire au profit de Brest

En lui confiant la réalisation du troisième BPC (bâtiment de projection et de commandement) pour un montant de 420M€, l'État vient de donner une sacrée bouffée d'oxygène aux chantiers nazairiens de STX. Au détriment de DCNS Brest.

Jacques Hardelay, directeur général de STX France, ne fait pas mystère de l'importance du BPC pour les chantiers nazairiens. «Ce contrat arrive à un moment clé. Le BPC représente 10.000 tonnes d'acier, 1,5million d'heures de travail pour STX et 1,2million d'heures pour nos sous-traitants». Le prémontage du BPC doit débuter dès le mois prochain pour une mise à flot en octobre2010 avant qu'il ne mette le cap sur Toulon en mai-juin2011. Le troisième BPC commandé par le ministère de la Défense s'apparente même à une bouée de sauvetage pour les chantiers nazairiens. Depuis la fin 2008, ses cabinets d'étude tournaient au ralenti alors que ses ateliers d'usinage étaient à l'arrêt depuis la fin mars.




DCNS co-traitant à Toulon

Si STX a été choisi pour la réalisation du troisième BPC au détriment de DCNS, c'est précisément en raison du déficit de son carnet de commandes. «Nous avons regardé qui avait le plus besoin de réaliser ce BPC. À l'évidence, c'était STX. Nous avons donc avancé la réalisation du BPC qui devait initialement être mis en service après 2020. De son côté, DCNS se trouve dans une situation exceptionnelle. Avec les frégates Fremm, et les sous-marins nucléaires de type Barracuda, c'est une des rares entreprises à avoir un plan de charge avec une vision sur 15 ou 20 ans», indique Hervé Morin, ministre de la Défense. Pas de quoi cependant consoler les salariés de DCNS à Brest qui avaient construit, avec les chantiers civils de Saint-Nazaire, les premiers BPC Mistral (2006) et Tonnerre (2007). Pour Bernard Planchais, le Dg délégué de DCNS, l'essentiel est ailleurs. «DCNS a une bonne visibilité, ce n'est pas le cas pour STX, notre partenaire. Ce qui est important, c'est que nous allons maîtriser le système d'armement du BPC». À Toulon. Les chantiers nazairiens réaliseront en effet 75% de la valeur du navire de projection, quand DCNS dans le Var sera uniquement chargée de son système d'armes. Si le BPC 3 doit permettre de préserver 250 emplois sur quatorze mois chez STX et 100 emplois sur cinq mois pour les sous-traitants, cette commande ne dissipe pas les inquiétudes autour des chantiers qui ne disposent actuellement que de trois paquebots en cours d'aménagement ou d'assemblage.




Second porte-avions

Le futur navire de la marine nationale ne représente en effet que 20% de sa charge annuelle de travail. «Il faut absolument d'autres commandes pour assurer la charge en2009 et2010», souligne ainsi la CFDT. Les chantiers nazairiens misent donc désormais sur d'autres commandes militaires. «On parle du BPC 4 mais il y a une autre idée. Pour que les choses soient parfaites, il faudrait un second porte-avions. Si Patrick Devedjian a 2,5 Md€, on peut y aller», a lancé Hervé Morin lors de sa visite à Saint-Nazaire. Le ministre en charge de la mise en oeuvre du plan de relance n'a pas pipé mot. C'est Nicolas Sarkozy qui devrait décider en 2010 ou 2011 de la construction ou non de ce futur porte-avions.




Contact STX: 02.51.10.91.00.

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