Avec la fermeture de son usine rospordinoise, la Cecab fait disparaître l'un des principaux employeurs de la ville du sud Finistère. 147 salariés y travaillaient. Christine Le Tennier, nouveau maire de Rosporden et dirigeante de la société Globe Export assure que « le bruit courait depuis des années. Déjà fin des années 90, la rumeur d'une fermeture circulait. Cela a fini par arriver ».
Une production relocalisée
La fermeture des deux sites de Rosporden a été annoncée fin 2012 par la Cecab, la coopérative agricole morbihannaise (50 usines et 7.000 salariés, 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires). Un sinistre pour la ville, qui voit partir une activité légumière historique née en 1973 de la fusion de deux conserveries familiales. La Cecab en a pris le contrôle lors d'un rachat en 1999. Pourtant rentable, l'activité "légumes appertisés" du groupe Cecab est en pleine restructuration, et la coopérative procède à des relocalisations de la production sur d'autres usines lui appartenant (au Faouët, par exemple). « L'explication de la Cecab est la suivante : le marché du légume en boîte perd 1 % par an. Sur dix ans, cela représente une baisse de -10 %, ce qui équivaut à une fermeture d'usine. Cette argumentation me convainc d'autant moins que je n'ai pas tous les éléments de compréhension en main », explique Christine Le Tennier.
22 hectares à vendre
La Cecab a mandaté un cabinet indépendant, la Sofred, afin d'accompagner la revitalisation du site nord. Christine Le Tennier précise : « sur 147 salariés, 130 seraient reclassés dans d'autres sites de la Cecab avec des aides à la mobilité. D'autres sont accompagnés financièrement pour des reconversions ou des créations d'entreprises. Aujourd'hui, très concrètement, le site de la rocade nord est à vendre. Il est estimé à environ 10 millions d'euros. Il est impeccable ! C'est une Rolls Royce ! Nous recherchons un acheteur, mais pas nécessairement dans le secteur agroalimentaire car le site se prête à toute activité logistique. Et je peux vous dire que nous avons déjà quelqu'un sur le coup ! Pour ce qui est du site un peu plus au sud, il s'agit d'une friche. C'est dans un tel état que la Cecab va abattre les infrastructures à ses frais. Nous envisageons de revitaliser cette zone, enclavée dans un secteur plutôt pavillonnaire. » Des discussions ont toujours lieu avec la préfecture, les salariés, la mairie et la Cecab, de manière à assurer une transition la plus favorable possible à l'ensemble de l'ancien personnel ainsi qu'à la commune de 7.300 habitants.
AGROALIMENTAIRE Depuis le 1er avril, l'usine Boutet Nicolas de Rosporden est à l'arrêt. Le site employait 147 salariés. Quel avenir pour ce site industriel ?