Réhabilitation d'un immeuble rue d'Orléans, d'un manoir, d'un prieuré ancien à Noyal-sur-Vilaine, de maisons à pan de bois en centre-ville de Rennes... Voilà quelques exemples du travail de rénovation de l'ancien que réalise Bouchard Construction (siège à Montgermont). Fondée en 1919 par Pierre Bouchard (à l'origine boulevard de Metz à Rennes, puis rue de la Donelière), l'entreprise de maçonnerie est en effet spécialisée dans la restauration de patrimoine ancien. «Nous réhabilitons des propriétés exceptionnelles et pouvons proposer des prestations haut de gamme», indique Hugues Vanel, qui a repris l'entreprise en 2001 avec son épouse Caroline. Avec une cinquantaine de salariés (essentiellement des maçons) dont certains sont des Compagnons, il réalise des chantiers à 90% en Ille-et-Vilaine. «10% de nos clients sont dans la région de Laval et Nantes également, à une heure de Rennes environ», précise Hugues Vanel, qui est également président de l'antenne départementale de la Fédération Française du Bâtiment. C'est d'ailleurs en partie avec l'appui de la FFB 35 que le dirigeant s'apprête à aller un peu plus loin que l'heure de route pour faire des chantiers. Et pour cause: c'est Jersey que vise Hugues Vanel. «Une réflexion a été lancée cette année avec le conseil général et la FFB, pour des échanges entre l'Ille-et-Vilaine et les îles anglo-normandes», explique le dirigeant. Un commercial vient en effet d'être recruté par la fédération pour répondre à des projets avec Jersey. Il devra aider les entreprises du département, administrativement et sur l'approche commerciale pour des projets à Jersey.
À une heure seulement
Il y aurait donc un marché à prendre dans les îles pour les Bretons? «Nous pouvons leur apporter un savoir et un savoir-faire, assure Hugues Vanel. Les entreprises qui travaillent à Jersey sont actuellement essentiellement anglaises. Or, elles sont basées à une journée de voyage de l'île, alors que nous, de Saint-Malo, nous sommes à une heure seulement!». Or, le problème pour les Français, c'est la culture. «Peu de salariés dans la construction parlent anglais, donc il faut franchir la barrière de la langue, d'où les problèmes pour passer des marchés, mais aussi pour dénouer les problèmes administratifs». Les entreprises bretonnes, dont Bouchard Construction, peuvent avoir l'atout du dépannage, mais aussi de la valeur ajoutée en terme d'écoénergies. «À Jersey, ils en sont à l'âge de pierre. Ils nous ont dit que nous avons quinze ans d'avance sur eux, témoigne Hugues Vanel. Par exemple, ils ne savent pas faire les pompes à chaleur... De plus, la population sur l'île est vieillissante, «peu de gens travaillent sur les chantiers, puisque 25% travaillent dans les banques.» Enfin, dernier atout, notamment pour une entreprise comme Bouchard: la France a un savoir-faire sur les monuments historiques. «À Jersey, ils n'ont pas les Bâtiments de France, et ont donc du mal à protéger leur patrimoine local, a fortiori parce qu'ils n'ont pas d'entreprises pour le faire».
Génie civil nucléaire au centre Eugène Marquis
Début 2013, Bouchard Construction va donc se lancer dans l'exportation de son savoir-faire en réhabilitation de l'ancien, comme elle le fait en Bretagne, où elle a, à force d'expérience, acquis la qualification d'entreprise de maçonnerie de technicité exceptionnelle par Qualibat (la seule dans la région). «Le label permet de rassurer des clients et d'accéder à des chantiers d'importance», explique Hugues Vanel. L'entreprise a également acquis un savoir-faire en génie civil nucléaire et réalise actuellement une extension pour le centre Eugène Marquis à Rennes. Un ouvrage totalement enterré, de 1.100m² à 7m de profondeur. «Des murs en béton très épais protègent des rayonnements des appareils de médecine nucléaire» qui soignent le cancer. Une technique de pointe. Livraison prévue en mars2013.
Bouchard Construction
(Montgermont) Dir.: Hugues Vanel 60 salariés (dont 50 à Rennes et 10 à Dinard) CA: 5M€ 02.99.36.25.30. www.bouchard-construction.fr