Bordeaux : "J'ai l'impression de m'être adaptée au monde politique" explique Virginie Calmels

Bordeaux : "J'ai l'impression de m'être adaptée au monde politique" explique Virginie Calmels

Que pensent les patrons de Virginie Calmels? Le Journal des entreprises a enquêté auprès des chefs d'entreprise bordelais et interrogé l'adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'économie, de l'emploi et de la croissance durable, sur son action depuis un an.

Un an après votre élection, de quoi êtes-vous la plus fière?
J'ai l'impression de m'être adaptée au monde politique. J'avais le pressentiment que la chose publique me plairait et que je pouvais apporter quelque chose. Finalement, malgré des fonctionnements différents entre les mondes de l'entreprise et de la politique, je parviens à continuer à travailler en mode projet. Et je crois avoir impulsé un élan auxquels participent mes équipes, conseillers municipaux délégués et personnels de l'administration. Un an après le début du mandat, cet élan s'est concrétisé au travers de la labellisation French Tech, de l'organisation de la Grande Jonction, de la mise en place du Conseil des entrepreneurs, des liens réguliers tissés avec de nombreuses entreprises bordelaises, etc... et tout un travail d'ambassadrice de Bordeaux auprès des décideurs en France et aussi à l'international.

Vous aviez promis d'ouvrir votre carnet d'adresses et de favoriser l'implantation d'entreprises ou de filiales à Bordeaux. Qu'en est-il aujourd'hui?
Des rendez-vous trimestriels organisés dans le cadre du Conseil des entrepreneurs permettent d'accueillir des personnalités économiques de premier plan. C'est l'occasion de leur faire découvrir la richesse de l'écosystème bordelais. Philippe Bourguignon, ex-P-dg du Club Med et d'Eurodisney, a visité Darwin. Carlo d'Asaro Biondo de Google, a participé à La Grande Jonction. Michel Combes, le Dg d'Alcatel-Lucent, a rencontré des entrepreneurs. Ce conseil est une belle vitrine pour Bordeaux.
En ce qui concerne de futures décisions d'implantations, je peux vous dire que des discussions concrètes, et assez avancées, sont en cours. Mais j'en dirai plus en temps voulu. Et je souligne que ces projets sont le fruit d'un travail d'équipe, mené notamment en collaboration avec la CCI de Bordeaux, BGI ou avec Stéphan de Faÿe, le directeur général d'Euratlantique.

Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de ne vous intéresser qu'au numérique?
Ce n'est pas exact, je m'intéresse à tous les secteurs. J'ai fait un premier tour de piste dans le vin. J'ai visité plusieurs entreprises du secteur de l'aéronautique. Je suis au contact des technopoles, d'entreprises industrielles du secteur de l'énergie, de la santé ou des services. Mais les journées ne font que 24h. Et s'il a beaucoup été question du digital à Bordeaux ces derniers mois, c'est parce que le ministère du numérique a lancé la labellisation French Tech alors que je venais à peine de prendre mes fonctions. Ce n'est pas moi qui suis à l'origine de ce projet ni de son calendrier.
Par ailleurs, je rappelle que la mission tertiaire supérieure a été lancée depuis plusieurs mois. Et que des dossiers liés au tourisme, au commerce ou à la croissance durable sont menés de front.

Les médias nationaux vous présentent souvent comme le futur maire de Bordeaux. Sans même utiliser le conditionnel. Est-ce que cela vous flatte ou vous agace?
Les médias nationaux aiment les pronostics mais il ne faut jamais oublier que ce sont les Bordelais qui décident.

Peut-on faire carrière en politique sans adhérer à un parti politique?
Mon but n'est pas de faire carrière mais de m'investir pour une ville, au service des Bordelaises et des Bordelais, aux côtés d'Alain Juppe, un véritable homme d'Etat pour qui j'ai énormément d'admiration. J'espère que mon parcours permet d'apporter une expérience et une expertise différentes. Je n'ai jamais eu de plan de carrière et je m'interdis de faire des plans sur la comète. Je pense toutefois que la personne peut primer sur la carte, sous réserve d'être soutenue par un parti, ce qui a été le cas par exemple de Jean-Christophe Fromentin à Neuilly.

Quel rôle jouez-vous auprès d'Alain Juppé dans le cadre de l'élaboration de son futur programme présidentiel?
J'anime un groupe de travail qui réunit des entrepreneurs qui souhaitent proposer des mesures concrètes pour favoriser l'emploi, le dynamisme économique et la baisse des dépenses publiques.


Alain Juppé souffrait d'un déficit d'image, mais aussi de relation avec le monde entrepreneurial. La femme de communication et d'entreprise que vous êtes, est finalement devenue un atout considérable pour lui?
Alain Juppé n'a pas besoin de moi pour rencontrer des grands patrons ou des entrepreneurs, même si je peux parfois être facilitatrice de ces liens avec le monde économique car j'en suis issue. Alain Juppé est heureux de côtoyer des chefs d'entreprise, il est ouvert et à l'écoute. En ce qui concerne sa communication, il la gère tout seul. C'est quelqu'un d'authentique.