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Blue Economy : la Cornouaille entre dans la boucle
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Blue Economy : la Cornouaille entre dans la boucle

Après avoir noué un partenariat avec ZERI, la fondation créée par Gunter Pauli, la CCI de Quimper-Cornouaille vient de présenter les premiers projets qu'elle accompagne sur son territoire et qui suivent les préceptes de la Blue Economy prônée par le « Steeve Jobs du développement durable » : l'utilisation des ressources locales et une productivité « zéro déchet ».

Trois mois après la conférence de Gunter Pauli à l'EMBA, et forte de son partenariat avec la fondation ZERI (Zero Emissions Research and Initiatives), la CCI de Quimper-Cornouaille vient d'annoncer la création, en janvier, d'une association et adossée à un fonds de dotation visant à favoriser l'émergence d'entreprises adoptant le modèle de la Blue Economy. L'occasion de présenter les les premiers projets qu'elle soutient dans ce domaine.

Le « papier-pierre »

Parmi eux, celui de Pascal Parmentier (Primset), Hubert Le Roux (Le Roux SA) et Claude Prigent (Yprema), qui vise à développer en Bretagne une filière basée sur le "papier-pierre", une technologie innovante permettant de produire du papier à partir de 80% de résidus de pierres broyées et de 20% de poly-éthanol. « Pas d'eau, pas d'acides, cette technologie est une alternative respectueuse de l'environnement qui permet d'obtenir un papier dont les caractéristiques sont les mêmes que du papier traditionnel, mais recyclable à l'infini », soutient ainsi Pascal Parmentier, qui devrait entamer une phase de tests d'ici deux mois.

Une malterie bio dans le Finistère

Un autre projet est porté par François Quellec, P-Dg de la Brasserie Britt, qui construit actuellement une brasserie respectant les préceptes de la Blue Economy. Mais le P-Dg veut aller plus loin. En partenariat avec Coreff et Lancelot, il a pour objectif de créer une malterie bio dans le Finistère. « On a la matière première en Bretagne, mais c'est quand même dommage de devoir la faire transiter par Paris avant de pouvoir l'utiliser», estime-t-il.

Du marc de café et des résidus de brassage pour cultiver des champignons

Et la brasserie Britt pourrait bien aller encore au-delà, grâce à la valorisation de ses résidus de brassin, les drèches. Jusqu'à présent essentiellement utilisées pour la nutrition animale, ces déchets de brassage ont attiré l'attention de Gautier Ferard. Le fondateur de la toute jeune société 100 Mushrooms mise en effet sur leur utilisation en tant que substrat pour la culture de champignons. « J'ai déjà commencé à travailler avec le torréfacteur Gilles Coïc pour récupérer le marc de café produit par des restaurateurs, des bars et des hôpitaux», explique le jeune entrepreneur, qui vise les 10 tonnes de champignons à partir du marc de café, mais aussi 170 tonnes à partir de drèches. « Le première pleurottes devraient être prête au premier semestre 2017», estime celui qui, pour boucler la boucle, utilise ensuite le substrat pour en faire un terreau et une base pour la vermiculture, deux marchés en pleine expansion.

De la spiruline cultivée sur les toits de bâtiments industriels et commerciaux

Autre projet porté cette fois par Sébastien Quéré, fondateur de la société «Alg in Town» : la production de spiruline sur le toit de bâtiments industriels ou commerciaux. S'inspirant d'une initiative menée à Bangkok (Thaïlande) qui utilise le gaz carbonique émanant de la climatisation d'un Novotel pour produire cette micro-algue vantée pour ses qualités nutritives exceptionnelles, Sébastien Quéré, qui a d'ores et déjà créé deux emplois, compte tester son concept à partir du mois d'avril sur le toit de l'hypermarché Leclerc de Pont-L'Abbé.

Agroalimentaire : repenser la chaîne de valeur

« Nous travaillons aussi en lien étroit avec la Chambre d'agriculture afin d'imaginer le plus de synergies possibles, de la production à la commercialisation, dans les grandes filières agroalimentaires qui sont actuellement en questionnement », précise Vincent Copolla, directeur Entreprises et territoire à la CCI Quimper Cornouaille. Une démarche à laquelle Christian Guyader, du groupe du même nom, compte bien être associé. « Il y a d'autres voies possibles que de raisonner uniquement en termes de volume : on peut créer nos propres modèles en Bretagne !», estime celui qui s'intéresse de près à plusieurs expériences menées en Europe et permettant notamment d'améliorer le bien-être animal dans la chaîne de valeur. « Nous allons également continuer à explorer les ressources et les acteurs du territoire susceptibles de s'intégrer à ce modèle, notamment du côté des algues, des énergies renouvelables ou à travers l'Université vivante de la Blue Economy», conclut Jean-François Garrec, président de la CCI Quimper Cornouaille.

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