La société Bittle a vu le jour en 2009, créée par trois associés avec pour ambition de créer des solutions de reporting accessibles aux PME. « Ce qui existait sur le marché était soit trop cher, soit nécessitait des investissements en terme d'infrastructures. À cette époque, nous avons eu l'idée de lever ces barrières et de proposer une solution qui puisse être utilisée même par tout le monde, même sans connaissance technique », rappelle Christophe Suffys, qui dirige aujourd'hui l'entreprise. Un an après son entrée au CEEI Provence, en octobre 2010, la société met en ligne son produit via la plateforme Cloud de Google. « Nous avons fait le pari de Google, qui nous permettait notamment de développer en Java. Nous étions accessibles sur la market place de Google et cela a dopé notre croissance », précise-t-il. En janvier 2011, Bittle avait ainsi franchi la barre des mille premiers utilisateurs, dont 80 % étaient situés en Amérique du Nord, en Australie ou en Nouvelle Zélande. En mai 2011, la PME a fait partie d'une dizaine de sociétés invitées à la conférence Google. « Nous étions les seuls Français et cela a créé un buzz important. Je suis alors entré en contact avec Siparex, qui en septembre 2012, nous a accompagnés dans un premier tour de table de 500.000 €. Une petite levée de fonds qui nous a permis de réécrire toutes les couches de base du produit afin de le rendre compatible avec d'autres cloud que celui de Google. Nous disposons ainsi aujourd'hui d'une offre multicloud : Google, Microsoft, Amazon, OVH... » L'offre de Bittle repose sur un principe simple : proposer 80 % des fonctionnalités du logiciel gratuitement.
Du gratuit au payant
« C'est notamment le volume de données que l'on souhaite traiter qui fait basculer du gratuit au payant. La plupart commence par créer un compte gratuit, puis bascule ensuite naturellement vers le payant ». Au ? delà des professionnels et des entreprises, Christophe Suffys vise également notamment les cabinets d'expertise comptable. « L'expert-comptable a un métier qui évolue et le pilotage de l'entreprise peut faire partie de l'éventail de ses prestations. Il a l'habitude de travailler dans le cloud depuis des années. Il peut utiliser notre logiciel et revendre ensuite des prestations de tableaux de bord. Nous avons ainsi imaginé le concept d'un module de reporting en marque blanche ». Durant l'été 2014, Bittle a bouclé une seconde levée de fonds, de 1,1 M€ (500.000 € Siparex, 500.000 € Paca Investissement, 100.000 € Crédit Agricole via Cap Création). Un tour de table qui va largement (40 % de la somme) être consacrée à la communication. « Fin septembre, nous avons recruté une personne chargée de la communication. Nous ouvrons en moyenne une cinquantaine de comptes gratuits par jour simplement par notre présence sur internet. Nous avons fait notre premier salon avec Top Tic et nous allons enchaîner. Nous cherchons aussi un spécialiste des relations presse aux États-Unis ». Depuis février 2013, la société dispose un bureau à Montréal.
Doubler l'équipe technique
Les 60 % restants vont quant à eux être consacrés au recrutement. « Nous allons doubler notre équipe technique. Nous étions sept avant la levée de fonds et nous envisageons d'atteindre la quinzaine de collaborateurs avant la fin de l'année prochaine ». Bittle planche par ailleurs sur un projet lié aux bâtiments intelligents. « Nous récupérons les données issues de multiples capteurs et nous les organisons pour fournir des informations. Il existe peu ou pas de solutions en temps réel. Au mieux, la remontée des informations se fait à la journée ou à l'heure alors que les capteurs fournissent des données toutes les dix minutes. Les importants sites marchands ont également besoin de cette immédiateté pour le traitement de leurs données ». Bittle mise enfin sur de nouvelles fonctionnalités davantage orientées "métier". « Quand on veut piloter son entreprise, on cherche avant tout des solutions des outils. Nous sommes actuellement en quête de partenaires qui peuvent nous apporter du contenu métier. Notre business ce n'est pas le conseil. Nous ne sommes pas là pour expliquer comment résoudre tel ou tel problème, mais pour fournir des outils. Nous avons ainsi mis en place une offre tableau de bord RSE et ainsi, nous avons touché un public nouveau (les Scop et les associations) auquel nous ne pensions pas, mais qui a besoin de communiquer des résultats vers le public, vers les financiers, vers les administrateurs », conclut Christophe Suffys.
Bittle
(Aix-en-Provence) Christophe Suffys 12 salariés CA : moins d'1 M€ 04 42 12 54 57 www.bittle-solutions.com