La technopole de Sophia Antipolis renforce son offre tertiaire. Quatre nouveaux programmes immobiliers ont été présentés lors du MIPIM de Cannes. Tous s'établiront sur la commune de Biot où officient déjà quelques grands fleurons sophipolitains comme Amadeus, premier employeur de la technopole, Galderma, le campus SophiaTech ou encore la Mouratoglou Academy. De quoi réjouir le maire de Biot, Guilaine Debras, qui en a profité pour annoncer la modification du PLU afin de permettre la construction de logements d'actifs à proximité de ces futurs grands ensembles, histoire de limiter les flux de déplacement et de favoriser un équilibre vie-travail plus serein.
Valimmo, le local de l'étape
Au total, ce sont donc quelque 29 000 m² qui verront le jour ces trois prochaines années. Quatre promoteurs sont sur le coup. Trois nationaux et un azuréen, Valimmo, basé à Mouans-Sartoux. La filiale du groupe Valindus, qui veut se faire un nom dans les bâtiments basse consommation (voire en auto consommation), compte déjà à son actif deux opérations sur Sophia Antipolis : le Business Pôle 2 qui accueille depuis septembre dernier les équipes de Bosch et Les Acquedus, premier programme à énergie positive de la technopole. Son nouveau projet, baptisé pour le moment Les Templiers, tient en un ensemble de trois immeubles de 8 200 m², livrés par plateaux cumulables de 90 à 250 m², dont la livraison est programmée pour la fin 2018. « Nous étudions la possibilité d'y implanter un restaurant et une crèche dans l'idée de créer un pool de services différenciant », complète François Moison, son directeur.
Nexity, Artea et Lazard Group aussi
Nexity est également de la partie, avec un projet sur le secteur Roumanille de quatre bâtiments de bureaux d'une surface totale de 5 000 m². Le permis de dépôt est en cours pour une livraison au premier semestre 2019. « Nous avons choisi une divisibilité pouvant répondre à des besoins allant de 150 à 5 000 m² si un utilisateur unique serait intéressé », précise Stéphane Bouquet qui souligne par ailleurs sa volonté de travailler avec les start-up du cru sur les volets « métrologie et affichage dynamique », entre autres. 205 places de parking sont prévues dont 108 en sous-sol. Une attention particulière sera enfin portée à la gestion rationnelle des eaux et l'impact hydraulique de l'ensemble, sujet imposé par la commune durement touchée par les inondations meurtrières d'octobre 2015.
Artea aussi s'est emparé du sujet hydraulique pour son programme Arteparc Sophia, un ensemble de trois bâtiments de 2 300 m² qui bénéficiera de ses propres centrales solaires et systèmes de stockage d'énergie. « Nous y prévoyons un espace de coworking avec une vision très start-up », détaille Philippe Braudy qui déposera le permis de construire dès avril pour la livraison d'un premier bâtiment au deuxième trimestre 2018. Lazard Group, enfin, se lance à Sophia avec une opération de deux bâtiments totalisant 8 800 m², 350 places de parking et une certification environnementale Breeam. La livraison est programmée pour mars 2019, le dépôt du permis devrait intervenir en mai prochain.
Volonté de s'inscrire dans la dynamique sophipolitaine
La plupart de ces projets seront lancés "en blanc", c'est-à-dire en amont du processus de commercialisation. Un risque jugé toutefois modéré par les promoteurs qui parient sur une dynamique sophipolitaine pérenne. "Un certain nombre d'éléments plaident en sa faveur, indique Laurent Lombardo de Lazard Group : la qualité du site, son positionnement sur les hautes technologies et un volume constant en matière de demande". "Sophia, c'est quand même la référence en terme de technopole en France, le marché de l'immobilier tertiaire y est solide, renchérit Philippe Baudry d'Artea qui y signera-là sa première opération sur le territoire sophipolitain. « Artea a installé plus de 300 entreprises clientes depuis sa création et plusieurs d'entre elles nous ont sollicités pour des projets à Sophia Antipolis qui constitue donc un secteur stratégique pour notre groupe. »
Développement endogène et exogène
Il faut dire que la technopole azuréenne, aujourd'hui plus que quarantenaire, n'a jamais failli au cours de son histoire. « Même au plus fort des années noires, le solde de création d'emplois a toujours été positif », insiste Jean-Pierre Mascarelli, président délégué du Symisa. Entre 2014 et 2015, par exemple, 280 nouvelles entités s'y sont fondées permettant la création de 1 000 emplois. Signe d'une vitalité endogène certaine, complétée par une attractivité internationale qui perdure. En 2016, sur les 28 décisions d'implantations d'entreprises accompagnées par l'agence Team Côte d'Azur dans les Alpes-Maritimes, dix concernent le territoire sophipolitain, dont celle du centre d'appels Xerox Conduent qui prévoit la création de 400 emplois sur les trois prochaines années. Au total, la technopole azuréenne accueille 2 230 établissements employant quelque 36 300 personnes pour 5,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires.