Transformer un simple roseau - le Miscanthus giganteus - en bioplastique: tel est le pari un peu fou que s'est lancé il y a une dizaine d'années René Marchal, créateur, en 2009, de la holding Biomiscanthus France, basée à Martigues. «Pendant des années, j'ai testé différentes machines, affiné les formules algorithmiques, afin d'obtenir le résultat que je souhaitais, explique-t-il. Aujourd'hui, avec un pétrole dont le prix, nous le savons, ne baissera plus, les bioplastiques ont véritablement le vent en poupe. Mais tous ceux qui sont sur le marché sont réalisés à base de matières premières alimentaires. Et pour cela, on détourne malheureusement un pan important de l'agriculture. Le Miscanthus, lui, est un roseau non invasif, qui sèche sur plan durant l'hiver. Le cycle de vie du Biomiscanthus, de la matière première au produit fini, est de seulement vingt ans. De plus, il est à la fois biodégradable et compostable». René Marchal, qui estime simplement «prendre à la nature ce qu'elle peut donner», voit dans son bioplastique de nombreuses applications. «Nous allons dans un premier temps cibler le marché du mono-usage, comme les rasoirs jetables, les stylos à billes, les cartes de fidélité...», dévoile-t-il. A ce jour, aucun brevet ne protège le Biomiscanthus: René Marchal a choisi de miser sur le secret de sa formule, «un peu comme Nutella ou Coca-Cola». La société est actuellement en quête de financements afin de lancer l'industrialisation de ses produits. «Nous allons débuter en sous-traitance, avant de mettre en service deux unités de fabrication, confie-t-il. La première devrait ouvrir d'ici à cet été entre le Var et les Bouches-du-Rhône, tandis que la seconde devrait être implantée en Champagne-Ardenne ou en Alsace». De même, la société pourrait également créer un centre de R & D. Un investissement global qui devrait atteindre 5M€. (Photo D.R.)
www.biomiscanthusfranceholding.com
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