Biolie : De la paillasse à l'usine
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Biolie : De la paillasse à l'usine

biotechnologies Biolie a réussi son pari : le spécialiste lorrain de l'extraction enzymatique est désormais en capacité de traiter de 3 à 4 tonnes de matières végétales par semaine. Les modèles développés en laboratoire sont passés à l'échelle industrielle.

« Quand les caisses contenant les machines sont arrivées, c'était un beau moment. » Pour le président de Biolie, Nicolas Attenot, l'ouverture d'une usine est déjà une belle victoire : « J'aime bien dire que c'est une "usinette", parce que nous sommes encore très petits ». Installée dans 500 m² sur le Technopôle de Brabois, la ligne de production de Biolie comprend un broyeur, une cuve pour déclencher la réaction enzymatique et un tricanter pour séparer les produits. « Nous sommes en capacité de traiter de 3 à 4 tonnes de matières végétales par semaine », détaille Nicolas Attenot. Soutenu notamment par la BPI, la Région Lorraine et le Grand Nancy, Biolie a levé 270.000 € en 2013, et a réussi à faire jouer à plein l'effet de levier : au final, la société a trouvé 800.000 € pour se lancer.




Extraction propre

C'est après le broyage qu'intervient tout le savoir-faire de Biolie, expertise acquise en laboratoire depuis 2004, par Lionel Muniglia et Guillaume Ricochon, avant qu'ils soient rejoints par Nicolas Attenot. Dans une cuve de 3.000 litres, pouvant contenir jusqu'à 1,5 tonne de matière, le procédé consiste à ajouter de l'eau et des cocktails d'enzymes. Une méthode simple, propre, qui nécessite de chauffer la cuve à 50ºC et d'attendre 4 heures que la réaction se fasse. « L'enjeu est de trouver le bon cocktail enzymatique afin d'obtenir exactement ce que notre client souhaite », détaille Nicolas Attenot.




Trois produits valorisables

Macromolécule d'origine protéique, les enzymes peuvent par exemple détruire le végétal pour ne laisser que l'huile. « Dans le cas des akènes de fraise, ces petits grains que l'on trouve à la surface, ou des noyaux de pêche ou encore des pépins de framboise, nous pouvons obtenir de l'huile, une eau contenant des actifs végétaux et une phase solide, un tourteau. L'ensemble de ces produits peut être valorisé », souligne Nicolas Attenot. S'adressant aux marchés de la cosmétique et de la nutraceutique, l'entreprise met en avant un procédé sans solvant : l'arrivée de la réglementation européenne Reach, sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques devrait booster le développement de Biolie. À titre d'exemple, l'hexane devrait être retiré du processus d'extraction des huiles alimentaires : mais les industriels n'ont aujourd'hui aucune solution alternative. « Nous ne nous adressons pas à l'industrie alimentaire, car ce sont des marchés à très faible valeur ajoutée » détaille Nicolas Attenot. Aujourd'hui connu dans le monde entier, notamment grâce à la participation à des colloques scientifiques et des publications, le procédé de Biolie rentre progressivement dans les petits papiers des grands de la cosmétique français et internationaux. « Les cycles de développement d'un nouveau produit sont très longs », souligne Nicolas Attenot « Nous sommes actuellement en discussion pour fournir un ingrédient à un produit qui pourrait arriver sur le marché en 2018. » Biolie réalise actuellement la moitié de son chiffre d'affaires grâce à des contrats de R & D : les équipes de l'entreprise travaillent sur la valorisation de matières végétales ou réalisent des essais pilotes pour valider des modifications chez un industriel.




De la R & D à la production

« Concrètement, un client peut nous donner un végétal pour voir ce qu'il est possible d'en tirer. Là, nous sommes sur une prestation de R & D. Une fois le cocktail enzymatique mis au point, l'objectif est de produire. Nous devenons alors fournisseur. Notre travail s'articule entre le laboratoire et l'usine », souligne Nicolas Attenot. « Nos contacts avec les grands groupes débutent souvent par la R & D, qui nous connaissent par les congrès scientifiques et les publications ». Après un été passé à régler les machines, Biolie livrera ses premiers lots industriels dès septembre.

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(Nancy) Dirigeants : Nicolas Attenot, Lionel Muniglia, Guillaume Ricochon. Effectif : 9 CA 2014 prévisionnel : 500.000 € Contact : www.biolie.fr

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