En Sarthe, Biodevas Laboratoires œuvre à mettre au point des formulations à base de plantes afin de réduire les produits de synthèse utilisés en agriculture. Ses nouvelles solutions vont permettre de limiter des problèmes sanitaires, et donc les coûts, au sein des élevages laitiers. La PME de Savigné-l’Évêque (40 collaborateurs, CA non communiqué) a de grandes ambitions pour trois produits visant à réduire les mammites, principale pathologie des troupeaux laitiers. Chacun de ces produits est spécifique à un stade physiologique de la vache : l’un baptisé Parlac intervient au tarissement, le Draistimix en préparation de vêlage, et Qualimilk en période de lactation.
Des leviers de croissance
"À l’horizon 2027, ces trois produits devraient représenter 30 % du volume des ventes destinées aux ruminants et devenir des références majeures", anticipe la société dirigée par François Blua. Qualimilk devrait même devenir leader de son marché selon Biodevas : "À l’horizon de cinq ans, 15 % du cheptel français (plus de 3 millions de vaches, NDLR) pourraient être supplémentés avec cette solution. Son développement international est également en cours, notamment en Europe, où il devrait être présent dans cinq pays dès 2026."
Réduire l’utilisation d’antibiotiques
Cette solution permettrait de "réduire de 30 % les mammites chez les vaches en lactation et donc de diminuer de 30 % l’utilisation d’antibiotiques" contre cette pathologie, ajoute l’entreprise dans un communiqué.
Parlac et Draistimix, de leur côté, sont "en cours d’enregistrement dans plusieurs pays, notamment la Chine et l’Inde", précise le laboratoire sarthois. De quoi participer aux objectifs commerciaux de l’entreprise, qui prévoit déjà de réaliser par ailleurs 70 % de son activité liée à la protection des végétaux en Europe en 2030.
Un consortium de recherche
Pour élaborer ses trois nouveaux produits, Biodevas Laboratoires a réalisé ses essais durant quatre années, au sein d’un consortium. Celui-ci était également composé de l’Inrae (l’Institut national de recherche pour l’agriculture l’alimentation et l’environnement, qui emploie 10 000 personnes) et de Sodiaal, premier groupe coopératif français du secteur laitier (14 000 éleveurs coopérateurs, 5,8 Md€ de CA en 2024). Ce projet, baptisé Neolac, a également servi de sujet de thèse pour une maîtrise Cifre et a reçu le soutien de Bpifrance et des Régions Bretagne et Pays de la Loire, ainsi que de Rennes Métropole.
Les recherches visaient à évaluer et réduire l’impact économique, sanitaire et écologique des mammites, sur trois périodes d’élevage différentes (tarissement, préparation au vêlage, tarissement).
2,5 millions d’euros consacrés aux essais
Après ces essais réalisés dans 120 fermes Sodiaal et ayant nécessité 2,5 millions d’euros d’investissement, dont la moitié par Biodevas, les résultats de Neolac ont été présentés dans le cadre du Space à Rennes, principal salon de l’élevage en Europe qui a eu lieu mi-septembre.
Intérêts conjoints
Selon Sodiaal Union — l’activité coopérative française du groupe —, "ces trois solutions feront partie de la gamme d’outils permettant aux producteurs de Sodiaal un meilleur rendement économique de leur exploitation, une amélioration de la santé animale et par conséquence, une diminution de l’empreinte carbone de chacun".