Biocodex, un laboratoire pharmaceutique familial fondé en 1953, poursuit ses investissements à Beauvais, dans l’Oise, où se situe son principal site de production. L’objectif est de répondre à la demande croissante d’Ultra-Levure dans le monde (+ 7 % par an), un médicament antidiarrhéique. Porté par ce produit phare, qui représente près de la moitié de son activité, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 634 millions en 2024, "en hausse de 12 % entre 2023 et 2024", s’enthousiasme Édouard Loiseau, directeur industriel de Biocodex, dont le siège social est situé à Gentilly, dans le Val-de-Marne. Le groupe possède au total trois sites de production (Beauvais, Clermont-Ferrand et Casablanca (Maroc), un site R & D à Compiègne (Oise) et 17 filiales dans le monde, lui permettant d’exporter et distribuer ses produits.
15 millions d’euros investis
Près de 60 % du chiffre d’affaires de Biocodex est réalisé grâce à la production de l’usine de Beauvais, qui emploie 350 salariés, sur les 1 800 que compte le groupe dans le monde. Celle-ci fabrique chaque année 340 tonnes d’Ultra-Levure, sous forme de poudres, cachets ou gélules. Deux cents palettes de ce produit quittent chaque jour le site picard, à destination de 115 pays.
Pour maintenir la compétitivité de ce site de 31 000 m², Biocodex a investi 15 millions d’euros ces deux dernières années, en autofinancement, dans la construction d’un nouveau bâtiment. Une extension qui a permis d’accueillir deux lyophilisateurs (machines qui congèlent puis déshydratent un produit) supplémentaires et trois nouvelles lignes de conditionnement. Ces installations ont été mises en service courant 2025.
Nouveaux projets en perspectives
Si la capacité totale de production de ce site, à savoir 470 tonnes d’Ultra-Levure par an, n’est pas encore atteinte, Biocodex dispose d’une réserve foncière à Beauvais pour une nouvelle extension. Il faut savoir que ce pilier de la souveraineté pharmaceutique française porte d’autres projets. Pour l’heure, Biocodex achète les souches anaérobies indispensables à sa production liée au microbiote. À terme, l’objectif sera de fabriquer ces souches à Beauvais, dans un atelier dédié.
Si le groupe est un acteur clé et historique du marché des microbiotes, tout particulièrement via l’Ultra-Levure, il a aussi développé d’autres domaines d’expertises tels que la santé des femmes (via la marque Saforelle), les maladies orphelines (produits antiépileptiques) et des produits établis répondant aux besoins de santé courants (Acupan, Otipax).
Des investissements RSE
Le groupe a aussi pris un fort engagement fort en matière de RSE, projetant de réduire de 30 % son empreinte carbone d’ici à 2032. Pour ces trois prochaines années, un plan d’investissement de 10 millions d’euros est acté, en vue d’agir à différents niveaux : réduction de la consommation d’énergie, des emballages, des déchets… Le groupe a déjà fait quelque pas en matière de décarbonation. En 2024, des panneaux photovoltaïques ont déjà été installés dans l’Oise. Une ingénieure sobriété énergétique a également été recrutée, permettant, selon le groupe, une baisse de 30 % de la consommation d’eau.