Impossible de passer à côté du nouveau siège de Bihannic (80 salariés, 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024) dans la zone de Lavallot, à Guipavas : imposant, noir, marqué du nom de l’entreprise en lettres blanches. Fruit d’un investissement de 5 millions d’euros, il regroupe sous un même toit les équipes de Bihannic (anciennement localisées à Plouzané) et Kermarrec (Plouédern), spécialisées dans la couverture, l’étanchéité et le bardage. Mathieu Bouvier, le dirigeant, use de la métaphore sportive pour justifier cette décision : "Si vous êtes sur le terrain, et que les mecs avec qui vous jouez n’ont pas le même maillot, c’est moins facile".
Un équipement de 5 300 m2
Le nouveau siège de Bihannic vient acter la phase finale de regroupement des deux PME finistériennes, respectivement rachetées en 2019 et 2021 par Mathieu Bouvier, ancien cadre dans les travaux publics. Tous les effectifs ont été préservés. Les intérimaires "qui étaient là depuis longtemps" sont en phase d’embauche. Bihannic s’est fait construire un bel équipement de 5 300 m2. Il se compose de 2 000 m2 d’ateliers, presque 700 m2 de bureaux, 800 m2 de cour ouverte et 2 000 m2 à louer. "Notre capacité de stockage a été réduite car nous cherchons à être plus vertueux en termes de gestion de stock et de rangement", indique le dirigeant. L’emplacement géographique, à moins de dix minutes d’accès de la RN12, constitue un avantage décisif. "Nous intervenons sur un périmètre important : les Côtes-d’Armor, le Finistère et le Morbihan. Nos chantiers sont plus facilement accessibles", ajoute le chef d’entreprise.
"Nous sommes des compétiteurs"
Faire toit commun pour les équipes de Bihannic et Kermarrec n’a pas été sans conséquences pour leurs outils de production respectifs. Deux mots d’ordre : optimisation et simplification. "Sur la partie industrielle, les deux entreprises avaient du matériel en commun pour certains travaux, comme des plieuses et des cisailles. Le matériel de Kermarrec a été vendu […] Pour le zinc, seul Bihannic avait des outils pour le travailler. La poinçonneuse, c’était spécifique à Kermarrec. Aujourd’hui, tout cela bénéficie aux deux équipes", retrace Mathieu Bouvier. Malgré tous ces changements, la stratégie du dirigeant pour générer de la croissance reste inchangée : "je n’ai toujours eu qu’une seule et unique recette, c’est que nous fassions bien notre travail en respectant les délais. Et à chaque fois, ça entraîne de la croissance. On ne court pas après les contrats […] Ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas ambitieux. Si un beau chantier se présente, nous avons envie de le décrocher car nous sommes des compétiteurs".
Chantiers d’envergure
Bihannic, fondé en 1963, se place parmi les leaders régionaux sur son marché. Parmi ses clients, des GMS (grandes et moyennes surfaces), des entreprises agroalimentaires, des lycées… Sa spécificité : les chantiers d’envergure. "La nouvelle tour Guyot à Brest ou le vélodrome de Loudéac sont quelques-unes de nos réalisations", rend compte le patron. L’entreprise marque aussi sa différence sur de la rénovation sur sites occupés, un travail "extrêmement exigeant en matière d’écoute du client et de réactivité".