Bertrand Burger : La phobie de la routine

Bertrand Burger : La phobie de la routine

Bertrand Burger, 50 ans, est le P-dg de l'entreprise familiale Burger & Cie, basée à Lièpvre. Depuis 2008, il occupe également le poste de président de Colmar-expo. Un rôle taillé sur mesure pour cet homme énergique qui aime créer, innover et prendre des risques.

Il n'est pas du style à se laisser décourager, ou à se laisser porter par le courant, même quand le climat est profitable. Chez lui, il faut que ça pulse! «Je n'aime pas la routine. Quand les choses roulent, ça me lasse très vite», lance Bertrand Burger. Pas étonnant que la fonction de chef d'entreprise lui aille comme un gant. Pourtant, il n'était pas prédestiné à reprendre l'entreprise fondée par son arrière-grand-père en 1895. Ce rôle revenait plutôt à son frère aîné, Rodolphe. Mais celui-ci a préféré s'orienter vers la philosophie, puis vers la musique. Lorsque Bertrand Burger met un pied dans l'entreprise dirigée alors par son père, c'est juste pour un boulot d'été. «Finalement, je ne suis jamais parti. Mon ascension s'est faite naturellement et j'ai pris goût au métierde dirigeant», affirme-t-il.




«Un éternel recommencement»

En adepte des changements, il a presque entièrement renouvelé la production de l'entreprise en recentrant l'activité sur les produits en kit pour l'aménagement extérieur de la maison et sur les produits de charpente. Le personnel a été formé pour suivre ces évolutions. «C'est un éternel recommencement. J'ai dû reconvertir la société dès le début et je ne me suis jamais arrêté. C'est devenu une culture d'entreprise chez nous: les gens sont habitués à changer de poste. Les changements sont réguliers. C'est épuisant parfois, mais c'est passionnant», glisse dans un sourire le dirigeant. Et comme la fatigue n'effraie pas Bertrand Burger, il s'est passionné pour une autre entreprise: Colmar-expo. Depuis son élection en juin2008 au poste de président, il a déjà insufflé son dynamisme à la structure. Sa méthode? La même que celle qu'il applique dans son entreprise: motivation du personnel et construction de nouveaux projets. Le jeune président s'est constitué une nouvelle équipe et a lancé des projets ambitieux: couverture du théâtre, nouveaux bureaux, parking... La ville de Colmar a débloqué deuxmillions d'euros pour ces travaux.




Le pari du risque

Le chantier pour couvrir le théâtre est toujours en cours et doit être finalisé avant le 7août, date d'ouverture de la Foire aux vins. Un pari risqué. «Lorsque vous entraînez une équipe sur un projet comme ça, elle travaille d'arrache-pied pour y arriver. Mais personne n'a de garantie, il y a toujours une incertitude». Cela ne fait pas peur à Bertrand Burger: «Je trouve ça bien que des gens prennent des risques, surtout dans cette période, où tout le monde sort son parapluie. En France, on a du mal à accepter l'échec, donc on a peur de faire. Or, si on gagne à tous les coups, ce n'est plus du risque». Simple question de philosophie.




Fédérer les structures existantes

Le nouveau président a du cran, des idées plein la tête et un bon sens du management. Il sait fédérer autour de lui. Pour la prochaine Foire aux vins, il a actionné de nombreux partenariats pour mettre en place différentes animations. Des associations locales présenteront des spectacles de danse, les Étoilés d'Alsace et Simone Morgenthaler orchestreront des démonstrations culinaires, le Civa (Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace) et l'Union des ?nologues de France organiseront des dégustations de vins. La discothèque le Poisson Rouge devient partenaire pour la Nuit blanche avec David Guetta. Afin de construire une passerelle entre le centre-ville et le Parc-expo, des formules package ont été créées avec l'office du tourisme, incluant visite touristique de Colmar, entrée à la foire et participation à différentes animations. Cette année, le conseil général et le conseil régional ont également mis la main à la pâte. Bertrand Burger sait trouver les arguments au service de ses ambitions.