L’effort budgétaire de la France pour réduire le déficit public en 2025 devrait se situer "plutôt autour de 50 milliards d’euros", a indiqué le nouveau ministre de l’Économie, Eric Lombard, au micro de France Inter le 6 janvier. Un chiffre en deçà de l’objectif de 60 milliards d’euros que s’était fixé le gouvernement Barnier, avant d’être frappé par la censure.
Après un déficit "probablement autour de 6,1 % de la richesse nationale en 2024", le ministre de l’Économie vise un objectif qui se situerait entre " 5 % et 5,5 %" cette année. Précisant que "le chiffre n’est pas encore complètement calé".
S’il juge "impératif de modifier notre trajectoire", réduire à 5 % comme le prévoyait le gouvernement Barnier serait toutefois "trop" sur une année, estime-t-il. "Parce qu’il faut aussi soutenir l’économie […] il ne faut pas casser la croissance", justifie-t-il notamment. L’horizon restant de faire décroître le déficit progressivement, "de façon à ce qu’on atteigne les 3 % en 2029 ".
"Pas d’autres hausses d’impôts que celles déjà annoncées"
Quant au contenu de l’effort budgétaire, il s’agira "essentiellement d’économies […], il n’y aura pas de nouvelle hausse d’impôts par rapport à celles déjà annoncées", a-t-il ajouté. Quid de la taxe sur les profits des grandes entreprises prévue par le gouvernement Barnier ? "Ce mécanisme de surtaxe pour les grandes entreprises a été discuté avec les entreprises, notamment le Medef, et il a été accepté comme un geste de solidarité. Cet accord demeure", répond Eric Lombard. Bercy va ainsi travailler sur ce concept qui permettrait d’obtenir des revenus "de l’ordre de 8 milliards d’euros en 2025".
"Des convergences possibles avec le PS, le PC et les Verts"
Et le risque de censure ? "Je pense qu’il y a des convergences possibles avec le PS, mais aussi avec le PC et les Verts, assure Eric Lombard. Moi, je suis pour la justice fiscale. Il y a par exemple dans ce pays des mécanismes d’optimisation fiscale qui font que des personnes ayant des revenus importants ne paient pas leur part d’impôts. Il ne s’agit pas de proposer des impôts nouveaux [mais] de vérifier que chacun paie sa juste part de l’impôt et contribue à l’action de l’État et de la Sécurité Sociale. C’est un point sur lequel nous pouvons trouver des convergences ", assure le nouveau patron de Bercy.
La ministre des comptes publics s'attaque à la "suroptimisation fiscale"
Interviewée en parallèle sur France 2, le 6 janvier au matin, la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin, a pour sa part annoncé un plan d'action très concret pour lutter contre "la suroptimisation fiscale et contre la fraude. "On a besoin de s'assurer que tout le monde paie. Car ce qui met les Français dans la défiance c'est de se dire qu'il y a des impôts mais que manifestement certains ne les paient pas, a-t-elle déclaré. En ciblant notamment "les hauts revenus qui parfois suroptimisent et les fraudeurs". Et en mentionnant l'usage des holding et de "montages complexes" pour ne pas payer l'impôt.
Éviter une censure directe
Confiant, Eric Lombard est toutefois resté très mesuré. Évoquant les points de convergences possibles avec les élus, il glisse que "ces convergences vont peut-être permettre qu’une partie de la gauche ne nous censure pas tout de suite… Et nous laisse notre chance pour continuer à travailler sur un budget 2025 et ensuite préparer un budget 2026… "