C'est «sans anicroches» que la fusion-absorption des activités opérationnelles de MaterialScience (matériaux hautes performances; hors Bayer Polyols et Baulé SAS) et CropScience (agrochimie) sous la nouvelle entité juridique Bayer SAS a eu lieu, assure Olivier Mauroy-Bressier, son directeur administratif et financier. L'opération, corrélée à la mise en place d'une plateforme de support commune à l'ensemble des entités Bayer en France, se solde par la suppression d'une quarantaine de postes dans l'Hexagone. Le motif de l'opération? «La simplification et la performance induite, ainsi que la réduction des coûts externes», détaille le Daf. Avec un seul système d'information au lieu de plusieurs, un seul reporting à la maison mère,etc. c'est tout simplement «plus de temps à consacrer à des choses stratégiques». Et «plusieurs centaines de milliers d'euros» économisés.
Lyon plutôt que Putea
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L'opération est bénéfique à Lyon, qui voit sa position renforcée, le siège lyonnais, déjà siège de Bayer CropScience SA et France, ayant été préféré à celui de Puteaux, le siège parisien du groupe Bayer, pour regrouper ces fonctions. «C'est une décision très logique, car le poids de Lyon est supérieur en termes de business», commente Frank Garnier, président du directoire de Bayer SAS et président du groupe Bayer en France. Avec un chiffre d'affaires de 1,4Md€, dont la moitié en ventes externes, Bayer SAS constitue une entité majeure au sein du groupe Bayer. Elle regroupe désormais tout le cycle d'activité d'une société: la R & D, la production, les ventes, le marketing, la logistique, des fonctions globales pour l'Europe et le monde, enfin de nouvelles fonctions corporate aux niveaux des ressources humaines, des finances et de la communication. Bayer SAS emploie 1.800 personnes sur six sites en France, dont 1.200 sur la région lyonnaise: au siège et au sein du centre de recherche de La Dargoire, tous deux dans le 9earrondissement de Lyon, ainsi que dans l'usine de production de Villefranche-Limas.
Investissements en R & D et en fabrication
«C'est pour Lyon une reconnaissance de la prépondérance du site sur toutes les activités CropScience et cela conforte la politique d'investissement menée ces dernières années», ajoute Frank Garnier. Lyon concentre la moitié du chiffre d'affaires mondial de CropScience: la protection des cultures, des traitements antiparasitaires non agricoles, des semences et des biotechnologies végétales font l'objet d'investissements en innovation conséquents. Tous les ans, 10 à 11% du chiffre d'affaires mondial sont dédiés à la R & D.La France abrite deux centres de recherche mondiaux à Sophia-Antipolis et La Dargoire. Ce site de recherche, qui emploie quelque 220 personnes, a ainsi bénéficié ces deux dernières années de 10M€ d'investissement dans un nouveau laboratoire de santé des plantes, venu compléter son activité, orientée sur les fongicides. L'objectif 2006-2012 du groupe est de sortir quinze nouvelles matières actives dans la protection des cultures. En France, Bayer compte fortement sur la réduction des délais d'évaluation des nouvelles matières actives pour accélérer leur mise sur le marché. L'usine de formulation de Villefranche-Limas a lui aussi bénéficié de 10M€ d'investissement dernièrement pour faire passer sa capacité de production de 25.000 à 40.000 tonnes. Le site de 330 personnes a recruté une quarantaine de collaborateurs l'an passé. Et, cette année, de nouveaux investissements sont programmés: 5 à 6M€ seront injectés dans une nouvelle chaîne de formulation d'herbicides liquides.
Le Groupe Bayer réunit à Lyon sous Bayer SAS ses entités Bayer CropScience et une partie de Bayer MaterialScience ainsi que des fonctions corporate et services France. L'opération, qui vise à simplifier l'organisation du groupe, conforte la position du siège lyonnais.
Claire Pourprix