Dans les années 1970, une banque française brise un tabou avec son fameux slogan: "Votre argent m'intéresse!" Quarante ans et une double crise majeure plus tard, le même établissement communique sur le thème: "Pourquoi me faire confiance". Depuis cinq ans, les établissements financiers - banques et assurances - sont au coeur d'une véritable tempête, avec à la clef des titres massacrés en Bourse et une dégradation de leur triple A.L'opinion publique et les politiques de tous bords participent allègrement au tohu-bohu nourri d'une forte dose d'irrationalité. Finalement, peut-on encore faire confiance aux banques et assureurs?
«Pas de doute sur la solidité du système français»
Pour Florent Deisting, responsable académique - Département Finance-Eco à ESC Pau, les banques françaises faisant l'objet d'un encadrement strict, la question ne se pose pas. «Très franchement, je n'ai pas de doute sur la solidité du système bancaire français, en dépit de la perte du triple A de certaines banques. Quand le comité de Bâle 3 a pris ses décisions, la plupart des établissements étaient déjà au niveau. Le droit bancaire français impose un encadrement très strict et les établissements français, au contraire de ce qui peut se passer ailleurs en Europe, présentent un certain nombre d'avantages, dont les garanties accordées aux déposants en cas de faillite. Sauf à envisager un cataclysme comme la faillite générale de l'ensemble des établissements, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Pour ce qui concerne la relation des clients à leurs banques, les enquêtes réalisées sur le premier semestre 2011 attestent d'un regain de confiance. Il faut évidemment attendre celles menées sur la fin d'année. Une des difficultés que rencontre le secteur bancaire en France depuis la crise de 2007, ce sont les discours qui diffusent une mauvaise image. Or, plus on parle de la situation de quelque chose, plus on risque de précipiter les difficultés. L'économie fonctionne avec une forte part d'irrationnel. La loi impose dorénavant aux conseillers bancaires de questionner leurs clients par écrit afin de leur proposer le produit le mieux adapté mais il est vrai que les établissements ont tendance à multiplier l'offre au risque d'entretenir le flou.
«Plus humaine»
L'autre problème des banques est qu'elles recrutent de plus en plus des profils commercial-marketing et éditent de très belles plaquettes de présentation finalement peu détaillées. Mais elles sont confrontées à un paradoxe: certains clients déjà très informés peuvent avoir le sentiment d'un manque de transparence alors qu'au contraire, informer plus précisément d'autres clients pourrait conduire à les affoler inutilement. Ce paradoxe est en partie gommé pour la clientèle accédant aux services de gestion privée ou aux comptes d'entreprise. Ce qui est clair, c'est que la crise de 2007 a accéléré une évolution des banques qui se veulent aujourd'hui plus humaines. C'est évidemment une stratégie marketing.»
En matière de patrimoine, quand on parle spécialiste, on pense d'abord banquier. Mais c'est oublier un peu vite tous les autres : les banques privées - qui ne sont pas toutes affiliées aux grands groupes -, les conseillers patrimoniaux, les avocats fiscalistes... Revue de détail.