Banque de France : Rentabilités en berne et baisse continue des effectifs
# Industrie # Investissement

Banque de France : Rentabilités en berne et baisse continue des effectifs

La Banque de France de Haute-Normandie dresse son panorama économique annuel avec une année 2014 qui affiche de mauvais résultats dans tous les secteurs d'activités et une année 2015 pour laquelle une légère embellie est attendue, sauf dans le secteur de la Construction.

Chiffre d'affaires, export, investissement, effectif, rentabilité d'exploitation... Les résultats de l'étude annuelle sur la santé des entreprises réalisée par la Banque de France de Haute-Normandie mettent en lumière une importante réduction des investissement: "Levier indispensable a une reprise économique", souligne Jean-Christophe Ehrhardt, directeur régional de la Banque de France. S'il reconnait qu'il faut faciliter l'accès des entreprises au levier du financement, le directeur régional précise qu'un: "problème de demande existe de la part des entreprises". Une carence de demandes d'autant plus dommageable que les résultats obtenus par les chefs d'entreprises demandeurs permettent d'observer une hausse du taux d'acceptation: "Quatre entreprises sur cinq sont servies aujourd'hui", assure Jean-Christophe Ehrhardt. Une réalité un peu moindre pour les TPE avec un taux de réponses positives qui tombe à 70%. Afin d'améliorer l'accès des entreprises au financement, le directeur régional annonce la mise en place d'un groupe de travail avec le comité régional des banques, qui sera par la suite élargi au secteur consulaire et à d'autres organismes représentants des entreprises, de manière à élaborer un diagnostic et mettre en place des plans d'action. "Il nous faudra également mieux communiquer et faire connaître les sources de financement existantes", assure le directeur. Crowdfunding, capital développement pour les petites entreprises... Autant de pistes à l'étude pour: "Elargir l'offre", lance Jean-Christophe Ehrhardt.

Chiffres d'affaires en berne et rentabilités détériorées en 2014

Tous les secteurs d'activités voient leur activité régresser en 2014. Dans le domaine de l'Industrie, les chiffres d'affaires régressent de 0,9% après un recul de 2,6% en 2013. Les exportations reculent également à -0,7%, après une hausse de +2,7% en 2013. La réduction des effectifs se poursuit également à -1,5% (-0,8% en 2013) et l'étude de la Banque de France pointe une rentabilité d'exploitation qui s'est détériorée dans le secteur industriel. Seul le courant d'investissement affiche une hausse de 2,8%, après une baisse de -9,7% en 2013. Parmi les secteurs de l'industrie qui donnent des signes de bonne santé, on notera le fort rebond de l'activité de fabrication de matériels de transports avec +6,6%, notamment grâce à l'aéronautique. A contrario, l'activité de fabrication d'autres produits industriels chute à -3,1% avec une forte baisse du domaine de la Chimie/Pétrochimie à -6% dû notamment: "A la baisse de la valeur du pétrole et aux arrêts techniques", précise Michel Duzanski, responsable du service des actions de place à la Banque de France Haute-Normandie. Si la métallurgie est, elle aussi, en diminution avec -3% de son chiffre d'affaires, une branche d'activité comme celle du caoutchouc et des plastiques est en augmentation de 2%.

En 2014, les investissements sont restés soutenus dans les domaines de la Chimie (155 M€) ou encore l'activité de fabrication de matériel de transport avec 125 M€ investis sur les sites Renault de Cléon ou encore d'Alpine à Dieppe, mais également dans la métallurgie avec 82 M€ d'investissement pour des projets en voie d'achèvement. Au total, 583 M€ ont été investis en 2014, selon l'étude de la Banque pour son panel d'entreprises: "A destination de stratégies de moyen terme", précise Michel Duzanski.

A la question de la rentabilité d'exploitation pour 2014, les entreprises de l'industrie interrogées ont répondu à 43% que celle-ci avait stagnée, à 33% qu'elle avait diminué et 24% ont constaté une hausse.

Dans le domaine de la Construction, la production de l'exercice affiche un recul de 3,6%, après une baisse de -1,4% en 2013 et s'accompagne d'une baisse "sensible" de la rentabilité. "Cette baisse de 3,6% est la même dans le secteur des Travaux publics que dans le Bâtiment", insiste Michel Duzanski. On note également que les effectifs se sont contractés d'une fin d'année à l'autre avec -2,2% et que la baisse devrait se poursuivre : "Et s'accentuer", selon le responsable du service actions de place.

Enfin, le domaine des Services marchands aux entreprises enregistre une évolution du chiffre d'affaires négative à -3% après -1,6% en 2013, mais voit sa rentabilité d'exploitation rester stable. Cette évolution n'a pas eu d'impact négatif sur l'emploi en 2014.

Une petite amélioration attendue en 2015

Les prévisions pour 2015 se veulent plus optimistes, sauf pour le domaine de la Construction ou une stagnation de l'activité est attendue. Le secteur des Travaux publics devrait être particulièrement impactée avec une baisse d'activités attendue de l'ordre de -5,5%. Seul un léger rebond est escompté dans le second œuvre (+3,2%). La chute des effectifs devrait s'accentuer, notamment dans le gros œuvre avec une baisse attendue de -4%. Les chefs d'entreprises interrogés attendent un faible niveau de rentabilité d'exploitation avec plus d'un sur deux qui penche pour une stabilité quand plus d'un quart attend une diminution.

En 2015, le secteur de l'Industrie attend une hausse des chiffres d'affaires totaux à +2,6% et une amélioration de l'exportation (+1,2%). L'effort d'investissement devrait se réduire pour passer à 553 M€ (pour le panel d'entreprises qui a répondu) dont 26% dédiés à l'augmentation des capacités, soit une baisse de -8,1%. "La Chimie continue à investir mais c'est la fin des grands programmes d'investissement dans le secteur de la fabrication de matériels de transport qu'il faut rentabiliser et lancer à présent", estime Michel Duzanski. La contraction des effectifs perdure à -1,4%.

Enfin, pour les Services marchands aux entreprises, un rebond est attendu dans l'évolution du chiffre d'affaires mais qui apparait: "Insuffisant pour maintenir le niveau des effectifs".

Représentativité de l'étude:

Industrie: 395 réponse d'entreprises représentant 99.886 salariés soit un taux de couverture de 50,7%.

Services: 182 réponses d'entreprises représentant 51.795 salariés soit un taux de couverture de 27,8%.

Construction: 216 réponses d'entreprises représentant 41.140 salariés soit un taux de couverture de 27,3%.

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