La Banque de France a pris le pouls de l’économie régionale à travers sa traditionnelle enquête de conjoncture, menée entre le 8 novembre 2024 et le 24 janvier 2025, auprès de 1 500 dirigeants exerçant leur activité dans les Pays de la Loire. Dans un contexte de forte incertitude liée au contexte géopolitique français et international, l’économie ligérienne a fait preuve d’une certaine résilience.
Activité industrielle en repli
L’industrie (8 % des entreprises, 17 % des effectifs salariés et 16 % de la valeur ajoutée de la région) a vu son activité se replier de 1,1 % en 2024. L’agroalimentaire et le matériel de transport ont connu une légère croissance, à la différence du secteur de l’électronique. Les industriels ont maintenu leurs effectifs stables pour garder une main-d’œuvre qualifiée. Après trois années de progression, les investissements n’ont pas subi de coup d’arrêt brutal, mais ont souvent été différés en attendant la baisse des taux. La rentabilité des entreprises a été impactée, notamment par la hausse des coûts salariaux non répercutés sur les prix. Pour 2025, les chefs d’entreprise anticipent un rebond de 2,2 % de leur activité, sans effectifs supplémentaires, mais avec une rentabilité retrouvée et des investissements à la hausse (+ 6,4 %), principalement orientés vers la modernisation des équipements. L’agroalimentaire, l’aéronautique et la construction navale sont les moteurs de cette reprise.
Les services progressent légèrement
En 2024, l’activité dans les services a bien résisté (+ 2 %). Elle a été particulièrement soutenue dans l’entreposage, les activités comptables et juridiques, l’édition et le conseil en informatique. Les effectifs ont continué à progresser, malgré des difficultés de recrutement persistantes. En 2025, une bonne tenue de l’activité est attendue et la restauration des marges espérée. Les investissements devraient s’afficher en retrait après plusieurs exercices de forte progression.
La construction résiste
En 2024, la production des entreprises du secteur de la construction a résisté (+ 1 %), grâce à leur positionnement majoritaire (60 %) sur le second œuvre. Les effectifs se sont légèrement tassés en raison de la persistance des difficultés à recruter. Les travaux publics ont, pour leur part, été victimes du report des marchés des collectivités publiques. 2025 ne sera pas l’année de la reprise, car la production continue de baisser dans le gros œuvre et ralentit dans le second œuvre.
La filière des travaux publics, en revanche, devrait bénéficier de la période préélectorale.
"Dans un environnement instable, les chefs d’entreprise se montrent confiants pour leur entreprise"
2025 s’amorce ainsi sous le sceau de la prudence pour les trois secteurs, avec une poursuite des recrutements dans les services et un rebond de l’investissement dans l’industrie. "Dans un environnement instable, les chefs d’entreprise se montrent confiants pour leur entreprise", souligne Simone Kamycki, directrice régionale de la Banque de France.
Inflation maîtrisée sans récession
Au niveau national, les experts de la Banque de France pointent une inflation revenue aux alentours des 2 %, sans que la France soit entrée en récession. En 2025, la croissance, attendue à 0,9 %, devrait être soutenue par la consommation des ménages. En 2026-2027, ce sont les investissements qui devraient prendre le relais, sous réserve que le contexte géopolitique n’incite pas les chefs d’entreprise à l’attentisme.
Quant au chômage, après une remontée temporaire en 2025 et 2026, il devrait renouer avec sa tendance baissière en 2027. Une précision bienvenue quand on sait que 34 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été mis en œuvre dans les Pays de la Loire en 2024, contre 21 en 2023.