Axoltis Pharma (12 salariés) fait figure d’exception dans un contexte toujours plus sélectif pour les biotechnologies. La société basée à Lyon et Clermont-Ferrand annonce avoir levé 18 millions d’euros, répartis en deux tranches. Ce financement permettra d’achever une étude clinique menée sur 82 patients atteints de la maladie de Charcot — ou SLA.
Objectif : démontrer l’efficacité de NX210c sur la barrière hémato-encéphalique, altérée dans de nombreuses pathologies neurodégénératives, dont la maladie de Charcot, Alzheimer, Parkinson ou la sclérose en plaques. Les premiers résultats devraient être connus début 2026, avec l’ambition à terme de concevoir un candidat médicament capable de "stabiliser la maladie" de 80 000 patients en Europe et aux États-Unis et 400 000 au total dans le monde. Un "marché potentiel de plusieurs centaines de millions d’euros compte tenu du prix élevé du médicament" pour Axoltis.
Un tour de table avec Fidat Ventures et Cenitz
Le tour de table est mené par la société parisienne de capital-risque Fidat Ventures et Cenitz, un fonds de capital investissement également parisien, dédié à l’innovation santé. À leurs côtés, une campagne d’investissement participatif via Capital Cell a mobilisé 2,36 millions d’euros (contre 1,5 million initialement prévu) issus d’investisseurs privés, rejoints entre autres par le club de business angels Le Cercle de Chiron.
Les actionnaires historiques - Norfoalk, le Fonds Régional Avenir Industrie Auvergne-Rhône-Alpes conseillé par UI Investissement, FaDièse 3, Simba Santé 2 (Angelor) et divers business angels - ont réinvesti.
Au terme de la levée, 45 % du capital est détenu par les managers dont Yann Godfrin, président du directoire d’Axoltis Pharma, et de business angels. Il s’agit de la sixième levée de fonds depuis 2016, date à laquelle son actuel dirigeant est arrivé à la tête de la biotech qui a levé au total 38 millions d’euros jusqu’à ce jour.
150 fonds approchés
"Alors que le financement du secteur de la biotech reste particulièrement exigeant, le succès de ce tour de table témoigne de la confiance des investisseurs dans notre stratégie", souligne Yann Godfrin, qui ne cache pas les difficultés rencontrées pour boucler ce tour de table. Notamment parce que les fonds ont aujourd’hui tendance à se recentrer sur leurs participations existantes.
"Le conseil que je pourrais donner est de s’y prendre très en avance. Nous avons commencé fin 2023 et sollicité 150 investisseurs dans le monde entier, ce qui a conduit à une vingtaine de pitchs in fine", confie celui qui a aussi su tenir en haleine son "public" en leur diffusant les premiers résultats de ses recherches.
Sept brevets
Au cœur de la proposition de valeur d’Axoltis, NX210c est un peptide cyclique de 12 acides aminés inspiré de la SCO-Spondin, une glycoprotéine impliquée dans le développement du système nerveux central. Protégé par sept brevets détenus par l’entreprise, le candidat médicament bénéficie du statut orphelin (rareté maladie, potentiel d’efficacité) de la FDA (Federal Drug Administration) et de l’EMA (Europe Medecines Agency) pour la SLA. Même si Charcot est la moins rare des maladies rares.
Le process a déjà été industrialisé par des laboratoires partenaires, à savoir Bachem (fabrication) en Suisse et Liof Pharma (mise en flacon) en Espagne.
Trouver un labo partenaire pour le lancement
La nouvelle levée de fonds permettra d’engager à compter du printemps prochain les discussions avec des laboratoires pharmaceutiques de stature internationale. "Ce partenariat soutiendra le lancement de la phase 3 début 2027, la plus coûteuse et lourde, accélérera l’accès au marché et structurera l’industrialisation", résume le dirigeant de la biotech. C’est d’ailleurs pour lancer des lignes, qu’il se rendra en janvier prochain à la JP Morgan Healthcare Conference 2026 à San Francisco. La grand-messe internationale des acteurs de la santé, où se rencontrent labos, investisseurs et entrepreneurs du monde entier.