Quelle est la situation du marché du travail en région Paca en ce début du mois de novembre 2024 ?
Tout va bien. Nous comptabilisons 83 000 offres disponibles, dont 50 000 en CDI. Le taux de chômage est au plus bas, à 7,8 %, et n’a jamais été aussi proche de la moyenne nationale, à 7,3 %. Le taux d’emploi est également au plus haut et le nombre de chômeurs de longue durée a quasiment été divisé par deux en trois ans. Nous avons donc des raisons de nous réjouir.
Certes, nous constatons que cela freine dans certains secteurs, que le recours à l’intérim, que les défaillances d’entreprise progressent de + 10 %. Néanmoins, les tensions de recrutement sont toujours là et dans tous les secteurs. Nous passons beaucoup de temps, chez France Travail, avec les entreprises pour les accompagner à s’ouvrir à d’autres profils, à d’autres méthodes de recrutement, comme la détection de potentiels. Puis, nous avons conservé un montant assez important pour déployer des formations.
Vous expérimentez depuis quelques années différentes méthodes de recrutement. Qu’est-ce qui marche le mieux avec les entreprises ?
L’immersion en entreprise, qui permet aux personnes en recherche d’emploi de découvrir une entreprise de l’intérieur et à des dirigeants de transformer l’essai. Les recrutements immersifs fonctionnent bien aussi : demandeurs d’emploi et salariés de l’entreprise travaillent ensemble et ça marche bien.
Comme la fin d’année 2024 s’annonce-t-elle ?
Les entreprises sont attentistes. Nous avons de nombreuses offres d’emploi, + 25 % par rapport à il y a trois ans, et 62 % de postes sont difficiles à pourvoir. Mais, dans un mois, tous ces postes seront globalement pourvus puisque plus de 80 % des offres sont globalement satisfaites en 30 jours.
La fin d’année est encore trop aléatoire : le résultat des élections américaines, le vote du budget, tout pousse à davantage d’attentisme de la part des entreprises.
Comment France Travail anticipe-t-elle les importants besoins en recrutement en matière de décarbonation de l’industrie, notamment à travers les nombreux projets d’investissement annoncés à Fos-sur-Mer ?
Nous avons repéré les grandes attentes supplémentaires sur le territoire. Sur certains projets, notamment liés à l’hydrogène, nous attendons encore d’y voir plus clair.
Nous appréhendons ce sujet sous l’angle de la formation en aidant les entreprises qui le souhaitent à créer leurs propres centres de formation ou en accompagnant des instituts existants dans la création de nouvelles filières.
Nous menons aussi un travail de sensibilisation auprès des publics déjà présents sur le territoire pour leur permettre d’accéder aux métiers de demain. Pour cela, nous multiplions les opérations de détection de potentiels et les actions d’orientation.
Le 24 octobre, une nouvelle marque a été lancée, France Travail Pro, à destination des recruteurs. Que change-t-elle ?
Avec 550 conseillers dédiés à la relation avec les entreprises en région Paca, cette marque vise à renforcer notre ancrage auprès des entreprises. Nos conseillers ont traité près de 900 000 offres en 2023, mais dans les faits, nous travaillons avec 40 000 entreprises de plus de 1 salarié, alors qu’elles sont 150 000. Nous détenons 85 % de parts de marché auprès des entreprises de plus de 50 salariés. Cette part tombe aux deux tiers auprès des entreprises de 20 à 50 salariés et elle s’effondre pour les entreprises de moins de 20 salariés.
"Nous voulons renforcer notre ancrage auprès des TPE de région Paca."
Nous avons un immense chantier devant nous, pour mettre en valeur ce que nous sommes capables de faire pour ces petites entreprises. Nous voulons devenir le partenaire RH de tous les employeurs, en particulier des TPE et PME et pour cela nous leur proposons de nouveaux services : une accessibilité accrue à partir du 1er décembre 2024, avec des horaires élargis, de nouvelles méthodes mises à disposition, une simplification des formations.
Toucher ce nouveau public d’entreprises se fera à effectif constant (4 700 en région Paca) pour France Travail.
En début d’année, la loi pour le plein-emploi a transformé Pôle emploi en opérateur France Travail. Comment cette réforme se met-elle en musique en Paca ?
L’année 2024 a été une année de préparation à l’échéance du 1er janvier 2025. À cette date, France Travail accompagnera 75 000 personnes supplémentaires, inscrites au RSA et 13 000 jeunes accompagnés par les missions locales.
La gouvernance est désormais partagée entre l’État, les collectivités locales, et les partenaires sociaux au niveau national et régional. Un comité régional sera organisé à la fin du mois de novembre 2024 pour fixer les objectifs en région.
Sur le plan de la formation, France Travail a lancé son académie pour développer entre les différents acteurs de l’emploi des pratiques professionnelles communes.
L’idée globale est de mieux travailler en synergie avec l’ensemble des partenaires de l’emploi. Par ailleurs, nous aurons des moyens renforcés pour faire appel à des prestataires dans le cadre de la prise en charge des publics les plus proches de l’emploi.