Un robot après l’autre, Niryo (45 salariés, CA non communiqué), start-up créée en 2017 et installée à Wambrechies (Nord) depuis 2021, réaffirme son ambition de démocratiser l’accès à la robotique. Les trois générations successives de Ned, son petit bras robotisé pouvant s’installer sur une table, ont déjà trouvé leur public, dans les écoles et facultés, comme dans des petites entreprises. C’est le marché des PME, notamment industrielles, que la start-up vise désormais, en lançant Nate, une plateforme robotisée dont le caractère polyvalent et les capacités, plus importantes que celles de Ned, ouvrent de nouvelles possibilités d’usage.
"Nous avons mis au point un nouveau format d’actionneurs, qui donnent à nos bras robotisés leur amplitude de mouvements. Ces pièces, que nous sommes désormais en mesure de produire en interne, peuvent être intégrées au sein de robots de tous types, qu’il s’agisse d’humanoïdes ou de bras robotisés comme Ned — en plus grand," décrit Marc-Henri Frouin, fondateur de Niryo. Les efforts de R & D fournis ces dernières années par la start-up sont financés par sa levée de fonds de 10 millions d’euros, réalisée en 2023.
Objectif de 4 000 robots par an
Grâce à cette innovation, et à une montée en puissance sur toutes ses gammes, le dirigeant compte faire passer de 800 à 4 000 le nombre de robots qui sortent de ses lignes chaque année, d’ici 2028. Un horizon auquel la start-up atteindrait la rentabilité. Le tout, en restant fidèle à son ADN : des robots accessibles en termes de prix, faciles à installer et à programmer, à même de réaliser quantité de tâches différentes.
"Un robot industriel, c’est en moyenne une centaine de milliers d’euros d’investissement, une programmation très complexe, beaucoup de puissance, et ça occupe beaucoup d’espace. Ce sont des capacités et des investissements surdimensionnés pour des petites entreprises, qui ont besoin d’automatiser une ou deux tâches simples. C’est à cette clientèle que nous nous adressons", commente le fondateur de Niryo.
Pallier les difficultés de recrutement pour les tâches répétitives
Capables de soulever de 500 grammes pour le robot Ned3 Pro, à quelques kilos pour Nate, les robots collaboratifs de Niryo se proposent comme une solution pour répondre aux difficultés de recrutement sur des tâches répétitives, dans de petites structures — des marchés de niche parfois.
"Nos robots sont par exemple utilisés dans des cabinets d’orthodontie, pour placer des aligneurs dentaires dans une machine de découpe laser. C’est un boulot répétitif, que plus personne ne veut faire. Notre robot peut parfaitement s’en charger, pour un investissement approchant les 20 000 euros, acceptable pour une petite structure", pointe le dirigeant. Dans le même ordre d’idée, Ned peut remplir ou vider des flacons puis les ranger dans des barquettes, en les triant au besoin par couleur, ou selon un code-barres.
Lancement début 2026
Ces capacités, mises à profit dans des laboratoires ou des petits ateliers de production, seront décuplées avec Nate, qui pourra être implantée sur des lignes de production ou de conditionnement. "La plateforme intègre une couche d’IA, dont les progrès actuels offrent de nouvelles possibilités : génération automatique de code, aide à la maintenance, prise de décision pour une meilleure adaptation à l’environnement…", poursuit le dirigeant de la jeune pousse.
D’un point de vue commercial, les demandes émanant d’entreprises sont déjà nombreuses, assure Marc-Henri Frouin. Des embauches sont prévues pour accompagner le lancement de Nate, début 2026, en Europe puis aux États-Unis, qui pèsent déjà pour 40 % du chiffre d’affaires de Niryo. L’effectif de l’entreprise devrait doubler à moyen terme.