C’est une PME basée à Caudan, près de Lorient, mais dont le rayonnement est international. SiiF, entreprise spécialisée dans les équipements de finition robotisés et automatisés pour les fonderies a depuis longtemps misé sur l’international pour assurer sa croissance. Bien lui en a pris : son chiffre d’affaires passera de 13 millions d’euros en 2024 à 14 ou 15 millions en 2025. De ce montant, 70 % proviennent des ventes à l’export.
Des États-Unis à l’Afrique du Sud
L’entreprise caudanaise a ouvert en début d’année 2025 un bureau à Cleveland, aux États-Unis pour proposer un service d’assurance technique à ses clients américains. La moitié de ses ventes à l’extérieur sont en effet réalisées aux États-Unis. Elle y importe notamment une ligne robotisée pour des bras de suspension pour Linamar, fournisseur canadien de Ford. Au-delà des États-Unis, des contrats importants ont été récemment signés avec des clients d’Afrique du Sud et de Turquie, dans le secteur automobile. Prochain objectif : percer en Corée du Sud et en Thaïlande. De quoi pallier les difficultés du marché domestique alors que "les fonderies européennes souffrent", d’après Thomas Chevalier, directeur général et fils du fondateur de l’entreprise Roger Chevalier, qui évoque néanmoins des contrats importants en Pologne et en Espagne.
La diversification de la clientèle est également cruciale pour le maintien de la croissance. Il s’agit notamment de réduire au maximum sa dépendance au secteur automobile, enjeu d’autant mieux compris par SiiF que c’est l’un des fournisseurs de la Fonderie de Bretagne (FDB), mise en difficulté par le retrait de son ancien propriétaire Renault, et située à quelques kilomètres. Les efforts de SiiF pour diversifier ont payé : autrefois essentielle, l’automobile ne représentait plus, en 2024, que 9 % de son chiffre d’affaires. Aujourd’hui, les clients de SiiF ne s’appellent plus seulement Renault ou Daimler, mais portent aussi le nom de Naval Group, Le Creuset, ou encore John Deere.
Innovation et extension
Comment convaincre cette nouvelle clientèle ? En innovant. En 2021, l’entreprise de 50 collaborateurs, a ainsi recruté deux ingénieurs en vision. Leur rôle : développer des algorithmes qui permettent de retranscrire en 3D les images de pièces en fonte captées par des caméras industrielles afin, notamment, de guider le travail des robots conçus par SiiF.
Ces fonctionnalités, utilisées entre autres pour le contrôle de qualité, permettent de "gagner en temps et en coût et de réduire la pénibilité", explique Thomas Chevalier. Cela "nous a permis de prendre un temps d’avance sur la concurrence". De quoi convaincre des clients à la pointe de l’innovation : SiiF a ainsi livré en juillet à la fonderie Ucelia une cellule robotisée destinée à débarrasser de leurs bavures les boosters de la fusée Ariane 6. Quatre propulseurs ont ainsi été ébavurés depuis la livraison.
Le carnet de commandes de 2026 suit la trajectoire de croissance actuelle. Pour accompagner ce mouvement, SiiF s’apprête à faire sortir de terre deux nouveaux bâtiments, l’un dédié à l’assemblage, l’autre à la chaudronnerie, soit 1 500 m² à de plus pour le site actuel de 3 000 m². Montant de l’investissement : 1,7 million d’euros.