Le groupe isérois ARaymond (8 500 employés dont 1 600 en France, 1,55 Md€ de CA), spécialisé dans les systèmes d’assemblage et de fixation rapide principalement pour le secteur de l’automobile a inauguré, via sa filiale santé ARaymond Life (80 salariés, 15 M€ de CA) sa toute nouvelle usine de production de bouchons plastiques innovants.
Ce site flambant neuf, quatre fois plus grand que le précédent, a représenté un investissement de 66 millions d’euros, et devrait permettre à la branche santé du groupe de tripler sa capacité de production annuelle.
Investir dans la santé pour se diversifier
"Nous avons créé ARaymond Life en 2007 afin de nous développer sur de nouveaux marchés, en dehors de l’automobile. La santé est un des premiers secteurs que nous avons explorés", explique en préambule Antoine Raymond, président du groupe et représentant la sixième génération de l’entreprise, depuis sa création en 1865.
Une diversification judicieuse alors que le marché de l’automobile connaît depuis plusieurs années un bouleversement sans précédent. "ARaymond a investi 150 millions d’euros dans sa filiale santé depuis sa création, ce qui souligne notre ambition en la matière", ajoute Patrick Delorme, président d’ARaymondLife.
Produire pour les Big Pharma
À ce jour, l’entreprise fabrique des produits à façon, co-développés avec ses clients et le RayDyLyo, un bouchon plastique à fixer, qui se veut une alternative à la capsule aluminium pour les flacons stériles. "RayDyLyo représente les deux tiers de notre activité", explique Patrick Delorme.
Avec ces bouchons, l’entreprise vise deux types de clients : les start-up et biotech qui ont des besoins en petites séries et en R & D. Et les "Big Pharma", principaux acteurs mondiaux de l’industrie pharmaceutique, engagés dans la modernisation de leurs lignes de production, qui nécessitent des volumes plus importants et de livraisons plus régulières. "Les biotech et les industriels pharmaceutiques représentent chacun 50 % de nos ventes de RayDyLyo", poursuit le dirigeant.
Un site de production permettant de répondre aux évolutions réglementaires
Ce nouveau site de production a donc un double objectif pour ARaymond Life : accroître ses capacités de production pour fabriquer à terme 250 millions de pièces par an, contre 15 millions actuellement. Et ainsi répondre à une demande croissante dans les biotechnologies, les vaccins et formes injectables complexes.
"Nous aurons deux lignes de production opérationnelles d’ici la fin de l’année et avons déjà commandé une troisième machine afin d’honorer notre carnet de commandes. Nous devrions être en capacité de produire 75 millions d’unités d’ici deux ans", ajoute Patrick Delorme.
Second dessein pour cette nouvelle usine : répondre aux évolutions réglementaires en matière de maîtrise de la contamination environnementale et particulaire. "Grâce à cette nouvelle usine, nous avons mis en place des process industriels répondant à un niveau d’excellence inédit dans la plasturgie", avance Patrick Delorme. "Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant, les laboratoires recherchent des solutions plus sûres, leur garantissant une parfaite maîtrise de la contamination" ajoute le président.
Ambitions à l’international
Un site qui devrait permettre à ARaymond Life de répondre à son ambition de croissance en Europe et à l’international. À ce jour, l’entreprise réalise 75 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis, du fait d’un marché "plus ouvert à l’évolution de nos process et à nos innovations, dans un secteur pharmaceutique souvent assez conservateur", explique Audrey Raymond, directrice adjointe d’ARaymond et responsable de l’internationalisation d’ARaymond Life.
Renforcement des équipes commerciales à l’étranger
L’Europe est toutefois appelée à prendre une part croissante dans les prochaines années, afin de rééquilibrer la répartition géographique du chiffre d’affaires d’ici cinq ans. L’entreprise a par ailleurs renforcé ses équipes commerciales à l’international avec la création d’une entité en Chine et en Inde (entité commerciale et industrielle dédiée au développement produit). "L’internationalisation est clef pour le développement futur d’ARaymond Life", termine Audrey Raymond. L’entreprise, qui a connu une croissance de 20 % l’an dernier, vise 70 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2030.
Pas d’impact des tarifs douaniers pour l’instant
Pour l’heure, ARaymond Life n’a pas été impacté par la hausse des tarifs douaniers américains, bien qu’ils aient augmenté de 10 % sur ses produits : "aucun de nos clients n’a annulé de commandes malgré la hausse des tarifs", se réjouit le président, Patrick Delorme. L’entreprise ambitionne toutefois d’ouvrir un jour une unité de production sur le sol américain, "quand le besoin s’en fera sentir", précise Patrick Delorme.