Si la première pierre du futur complexe Haliotis2 vient d’être symboliquement posée, il faudra attendre 2031 pour que le chantier soit tout à fait achevé. Mais les eaux usées traitées devraient être utilisées dès la fin 2028 et la production du biométhane démarrer à l’été 2029.
Haliotis2 n’est pas une simple station d’épuration. En bord de mer, étalé entre la Promenade des Anglais et l’aéroport de Nice, ce projet doit illustrer à lui seul, la transition écologique et énergétique de la métropole Nice Côte d’Azur. Christian Estrosi, son président, la décrit comme "le plus grand projet de station d’épuration de nouvelle génération en France", "un pôle technologique environnemental [qui] relèvera les défis climatiques".
L’eau de 26 communes
D’un montant global de 700 millions d’euros (la Banque des Territoires a accordé un prêt exceptionnel de 600 millions d’euros), Haliotis2 traitera les eaux usées de 26 communes, soit l’équivalent de 680 000 habitants, avec la promesse d’éliminer près de 90 % des microplastiques.
Mais l’ambition majeure est surtout de réutiliser les eaux traitées et de produire de nouvelles ressources. L’infrastructure devrait en effet produire "quatre fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme aujourd’hui".
Produire de nouvelles ressources
Ainsi, 43 GWh de biogaz devraient être produits chaque année, pour chauffer l’équivalent de 11 000 logements ou alimenter 290 bus.
Avant leur rejet en mer, les calories des eaux usées traitées seront par ailleurs récupérées pour produire 27 GWh de chaleur par an pour le périmètre du Grand Arenas et l’aéroport voisins.
Quant au volume des boues d’épuration séchées, leur pouvoir calorifique (26 GWh/an) contribuera à la production de chaleur et de vapeur sur l’Unité de Valorisation Energétique (UVE) de l’Ariane. Des boues d’épuration qui seront traitées sur place et non plus dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse.
Jusqu’à 830 tonnes de sable contenu dans les effluents et les produits de curage des réseaux d’assainissement seront recyclées et revalorisées pour le BTP. Le sable est la deuxième ressource la plus exploitée dans le monde après l’eau.
Enfin, une unité industrielle de Réutilisation des Eaux Usées Traitées (REUT) est prévue pour recycler 5 millions de mètres cubes d’eau par an sur le territoire, pour couvrir les besoins en arrosage des espaces verts et le nettoyage des voiries de la Ville de Nice.
Une quinzaine d’entreprises locales
Le groupement porté par Degremont France, filiale du groupe Suez, a été retenu en tant que concepteur-constructeur-exploitant. Une quinzaine d’entreprises du territoire (dont Garelli, Nouvelle Sirolaise, Satelec, Razel Bec) sont mobilisées sur ce chantier sur lequel travaillent 300 personnes, incluant 123 000 heures d’insertion professionnelle.