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"Avec Boomerang, j’ai recruté d’anciennes coiffeuses qui avaient quitté le groupe"
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"Avec Boomerang, j’ai recruté d’anciennes coiffeuses qui avaient quitté le groupe"

Pascal Coste compte près de 350 salons de coiffure partout en France et ses ambitions voudraient voir ce chiffre doubler dans les années à venir. Mais pour cela, il lui faut des forces vives parfois très difficiles à trouver. D’où cette idée de faire revenir d’ex-employés motivés.

Le groupe Pascal Coste compte désormais 3 "Academy" de formation : ici à Nice, mais aussi désormais à Lille et Montauban — Photo : Olivia Oreggia

Comme souvent, c’est sur les réseaux sociaux, en l’occurrence Linkedin, que Pascal Coste a lancé son initiative. Un outil de communication qu’il maîtrise et affectionne avec plus de 8 000 abonnés au compteur. Il y partage son quotidien de chef d’entreprise, ses déplacements sur le terrain, aux quatre coins de France, auprès des collaborateurs du réseau éponyme, ses échanges avec les coiffeurs des succursales ou des franchises, les sessions de formation dans les Académies du groupe, les réunions, les projets, les ouvertures de salons, le lancement de nouvelles collections… Et toujours avec une infatigable passion.

10 000 collaborateurs en 35 ans

Fin 2023, au moment de souhaiter de bonnes fêtes de Noël, il s’adresse dans une vidéo de quelques minutes, à ses équipes actuelles mais aussi à ses anciens salariés pour leur faire part de sa dernière idée : Boomerang. Pascal Coste explique ainsi, face caméra : après

"35 ans et plus de 340 salons à travers toute la France, plus de 10 000 collaborateurs sont passés dans le groupe. Mais je n’ai jamais oublié que c’est par votre engagement et votre passion pour la coiffure que nous avons réussi cette histoire magnifique."

Il leur propose alors d’échanger sur leur expérience depuis leur départ, leur parcours, leurs projets ou encore sur les raisons qui les avaient fait quitter le groupe. À ceux qui sont devenus leur propre patron, ont changé de vie ou sont juste allés voir si l’herbe était plus verte ailleurs, le dirigeant niçois offre simplement de discuter et, pourquoi pas, de revenir dans son giron et "de faire partie du futur du groupe".

"Une hécatombe"

Car si le groupe de coiffure prospère (CA 2023 : 70 M€), il se heurte, comme tous secteurs et toutes activités, à de sérieuses difficultés de recrutement. Après le Covid, "il y a eu un changement de mentalités, analyse le chef d’entreprise. Ces dernières années, nous pouvions avoir jusqu’à 20 ou 30 démissions par mois. Certains arrêtaient du jour au lendemain, arguant que "le travail, ce n’est pas la vie". Cela a été une hécatombe. Et cette année, les choses changent, on en voit revenir."

Revenir, parce que le dirigeant est donc allé les chercher en lançant Boomerang. Il s’agit en fait d’une adresse mail (@email) créée pour établir un canal de connexion direct entre Pascal Coste et ses anciens salariés. Comme un tête à tête, "je suis le seul à avoir accès à cette boîte mail. Même mon assistante n’y a pas accès."

Un secteur en crise

"Beaucoup de collaboratrices sont parties pour des raisons de vie, de mutation du conjoint, pour assouvir aussi une envie de changer de métier, de défi, analyse Pascal Coste. Certaines coiffeuses sont devenues auto-entrepreneuses pour pouvoir travailler à domicile et se libérer du temps pour s’occuper de leurs enfants en bas âge et qui, maintenant que les enfants sont plus grands, voudraient bien reprendre une activité. Je comprends et je trouve cela génial."

Et puis il y a ceux et celles qui ont dû mettre la clé sous la porte. Car entre repli de la consommation et un trop grand nombre de salons, 2023 a été, selon l’Union nationale des entreprises de coiffure, la pire année du secteur. Et les défaillances se poursuivent en 2024.

Un bilan positif

Autant de raisons qui ont poussé, jusqu’à présent, une trentaine d’anciens employés (essentiellement des employées) à rejoindre, à nouveau, Pascal Coste, depuis que l’initiative Boomerang a été lancée. Si cela ne permet pas de pallier tout à fait les besoins en recrutement du groupe (80 à 90 postes à pourvoir en permanence), cela lui permet d’avancer, en complément de la formation au sein de ses trois Académies, autre pilier sur lequel le patron niçois compte pour embaucher plus facilement. "Que ce soit des trentenaires, des quadras ou des quinquagénaires, toutes les coiffeuses qui sont revenues ont une maturité, une expérience et une vision nouvelles. C’est vraiment très positif."

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