« Au moment de l'Aïd, on rend un service public »
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« Au moment de l'Aïd, on rend un service public »

Son défi Au moment de la fête musulmane, Bretagne Viandes s'occupe de l'abattage rituel. Cette année, une difficulté : l'Aïd est tombé un samedi, jour de fermeture.

« La Socabaq est une filiale de Bretagne Viandes qui exploite l'ancien abattoir municipal de Quimper. Il a été privatisé en 2008 et nous l'avons repris. Le contrat prévoyait le maintien pendant trois ans de l'abattage rituel des bovins et des moutons pour l'Aïd. On a donc poursuivi ce service public. » « Après les trois ans, on a continué car cela se passait bien. On avait pris l'habitude de travailler avec les associations musulmanes. Nous obtenons l'agrément obligatoire tous les ans suite à une visite des services de l'État. » « Pour les bovins, cela pose assez peu de souci car c'est l'activité de l'abattoir toute l'année. En moyenne, on traite 550 bovins par semaine et 300 veaux. Cela représente 13.000 tonnes par an. Ce jour-là, c'est une trentaine de bovins qui arrive en plus. » « Pour les moutons, c'est un peu différent. L'atelier existe dans le bâtiment mais il ne sert qu'une fois par an, uniquement à cette occasion. Ce n'est évidemment pas la même chaîne que pour les bovins. Un mouton pèse 30 à 35 kg, contre 700 kg pour une vache ! On abat environ 80 ovins pour l'Aïd. »




Avec les associations

« On préfère travailler avec les associations. Cela nous permet d'avoir les mêmes interlocuteurs d'année en année. C'est ainsi beaucoup plus simple de prévoir la mise à disposition des véhicules pour transporter les animaux et une crèche pour les stocker, par exemple. Elles centralisent les demandes ». « Mais quelques particuliers viennent encore nous voir indépendamment. C'est complexe à gérer mais on ne peut pas pour autant les refuser. On a un engagement avec la préfecture. C'est important pour des questions sanitaires. »




L'abattoir fermé le week-end

« Cette année, il y a eu une difficulté supplémentaire. On ne connaît la date de l'Aïd que dix jours avant. Mais on savait déjà qu'en 2014, cela tombait un samedi ou un dimanche. Or, nous sommes fermés le week-end. Il fallait rouvrir uniquement pour cela. Sans oublier que nous avions besoin de salariés volontaires, 14 en tout. » « C'est finalement tombé le samedi 4 octobre. C'était plus simple que le dimanche car je ne voulais pas proposer à mes salariés de venir travailler un dimanche. Certains sont chrétiens, il faut aussi le respecter. » « Comme c'était le week-end, j'ai payé les 14 salariés volontaires en heures supplémentaires. Nous avons donc demandé à la préfecture une majoration de 25 %, comme celle sur la paye des salariés, laquelle a accepté. » « Notre but n'est pas de faire de l'argent, mais il ne s'agit pas non plus d'en perdre. On rend un service public. Mais cette année, on a eu des charges fixes supplémentaires en ouvrant spécialement (électricité notamment). Cela a demandé un peu plus d'organisation. »

Bretagne Viandes



(Quimper) Directeur général : Thomas Doreau 80 millions d'euros de chiffre d'affaires 165 salariés (132 ETP) 02 98 52 87 91

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