Au Mans, le projet d’usine partagée dédiée aux innovations dans les mobilités passe à la phase concrète. Le bâtiment de 4 200 m2 situé face au circuit des 24 Heures devrait accueillir ses premiers occupants à la fin de l’année 2024. XMobility Le Mans sera aménagé en deux parties. La Factory, soit 3 400 m2 qui pourront être modulés en trente ateliers privatifs, avec une zone usine de 800 m2 équipée de machines. Et le Welcome : 600 m2 qui comprendront des espaces de conférences, de coworking, de convivialité, de bureaux, d’ateliers de mécanique et d’électronique, ainsi qu’une matériauthèque où des marques pourront exposer leurs nouveaux matériaux durables ou leurs nuanciers de couleurs.
Les espaces privatifs seront sécurisés pour garantir la confidentialité des recherches en cours et des partenariats. Pour préserver les données des occupants, les connexions Internet seront individualisées.
Créer la connexion entre acteurs de l’international
L’objectif est d’accompagner les porteurs de projets sélectionnés par appel à projets ou sur candidatures. "Avoir un esprit de travail en collaboration sera primordial", annonce la directrice générale Magali Alix-Toupé. Il pourra s’agir de start-up, de PME, ETI ou de groupes, français ou étrangers, qui veulent éprouver des solutions innovantes.
Au-delà de ce lieu physique, XMobility Le Mans a vocation à accompagner les idées et projets susceptibles d’offrir les solutions d’avenir dans le secteur des mobilités durables "à l’échelle internationale". "Nous proposons un terrain de jeu neutre. L’idée est de catalyser toutes les bonnes solutions de partout, de France, d’Angleterre, d’Inde, de Singapour ou même d’Afrique du Sud. Nous veillons aussi à faire en sorte que l’énergie des start-up ne soit pas cannibalisée par les projets que souhaitent développer les grands groupes", explique Magali Alix-Toupé.
Toutes les formes de mobilités
Et les idées soutenues ne concernent pas uniquement les véhicules, insiste la dirigeante, mais plus globalement "toutes solutions qui encouragent une économie circulaire, qui vont dans le sens du développement durable et vers une accélération vers la transition, dans les transports sur route, maritimes ou aériens" : "Il peut s’agir d’énergie avec des batteries, de téléopération de véhicules autonomes, donc de la gestion des datas, de revêtement de route [qui limite la consommation des véhicules, NDLR], d’infrastructures. Airbus par exemple, peut aussi permettre de réutiliser des chutes de carbone pour faire des vélos."
Des actionnaires experts et complémentaires
XMobility est née via Le Mans Tech, une association qui soutient les projets d’innovations ; c’est le cœur battant des projets autour des mobilités dans la capitale sarthoise. Plusieurs marques ont été déployées récemment en fonction des actions mises en places telles que son salon XMobility Event. Fin 2022, XMobility holding a vu le jour pour prendre en charge la partie financière de ces activités.
Créé au début du mois d’avril 2024, XMobility Le Mans se veut ce hub international qui s’appuie sur un vivier d’experts. Il a été fondé à l'initiative de Le Mans Tech par XMobility holding et trois associés, dont l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), partenaire historique depuis la création de Le Mans Tech. Les deux autres associés sont le groupe de transport manceau Ed Trans et Idec Invest Innovation, un fonds d’investissement du groupe de BTP parisien Idec qui a déjà soutenu 25 start-up pour un montant global d’investissements de 45 millions d’euros. Le groupe Idec est présidé par Patrice Lafargue, ancien pilote et père de Paul Lafargue, pilote de l’écurie Idec Sports.
Un financement privé
Les murs sont loués par Le Mans Métropole. XMobility Le Mans a privilégié "un investissement frugal de moins de 500 000 euros" pour aménager le site, loin des 6 millions d’euros annoncés par la collectivité il y a deux ans – le projet était alors présenté sous le nom de Paddock. "Nous voulions aller vite, disposer en priorité d’un local, pas forcément dans un premier temps d’un bâtiment exemplaire au niveau environnemental et énergétique, qui sont des dossiers longs", explique la directrice de XMobility à propos de cet écart de coûts.
Le financement du hub et de ses ateliers se fera essentiellement par voie privée, par le biais de sponsoring et de programmes d’innovations, indique Magali Alix-Toupé. "Le hub déploiera des programmes d’accélération sur mesure, commandés par des groupes nationaux ou internationaux en résidence ou à distance, des études de cas d’usage et business hardware et/ou software avec des start-up à fort potentiel sélectionnées à travers le monde."
Une équipe de dix salariés demain
Le bail des occupants paraîtra alors minime pour couvrir les coûts de fonctionnement. Les premiers devraient emménager au mois de novembre avant "une montée en puissance de douze à dix-huit mois", se projette Magali Alix-Toupé. "Leur présence pourra aller de trois semaines à plusieurs mois, rien n’est figé." L’équipe de XMobility se sera alors renforcée. La directrice est actuellement l’une des deux personnes employées par la structure, avec le directeur des opérations Pierre Gillet. "Nous devrions être une dizaine en régime de croisière, à l’administratif comme à l’expertise des process industriels", précise Magali Alix-Toupé.
Un premier showroom sur le circuit en 2025
La proximité des pistes des 24 Heures du Mans, tel le circuit d’essais Maison Blanche, offre une opportunité pour tester des solutions. Elle offre aussi une grande visibilité. Dès l’édition de juin 2025, une "démo week" sera ainsi organisée la semaine des 24 Heures du Mans auto. Les start-up en phase de pré-industrialisation comme les sociétés qui ont misé sur XMobility pour leur programme d’innovations pourront alors exposer, soit devant un parterre de professionnels aguerris, soit pour dévoiler leurs nouvelles solutions aux yeux du grand public.