Avec quelques mois de retard au démarrage, XMobility Le Mans vient d’obtenir l’autorisation officielle pour lancer les travaux de sa future usine partagée. Ce hub qui se veut international sera situé au bord du circuit automobile des 24 Heures. D’un coût prévisionnel de 400 000 euros, le chantier devrait être lancé dans les premiers mois de 2025. Deux mois seront nécessaires à l’aménagement de cet espace de 4 200 m², dont 800 m² d’atelier partagé. Ce lieu permettra aux porteurs de solutions innovantes dans le secteur des mobilités de pouvoir adapter et développer leurs prototypes en vue d’une première production en série.
XMobility est une structure aujourd'hui composée de quatre marques, lancée par Le Mans Tech. XMobility Factories est la marque qui représente cette usine partagée. La holding XMobility a été créée en 2022 pour encadrer ses activités économiques. Elle est portée par trois actionnaires: l'Automobile Club de l'Ouest (ACO), le groupe de transport manceau Ed Trans et Idec Invest Innovation, un fonds d'investissement du groupe de BTP parisien Idec.
L’hydrogène liquide au programme
Avec cette avancée, XMobility Le Mans va pouvoir lancer son premier programme d’accélération, qui amènera les premiers utilisateurs. "Nous sélectionnerons dix entreprises maximum pour mener des recherches sur l’hydrogène liquide", indique Magali Alix-Toupé, la directrice générale. "Nous allons prochainement lancer un appel à candidatures. Nous n’excluons pas pour autant de faire du sourcing proactif pour inciter les entreprises les plus innovantes à venir, et dénicher une future pépite."
Innovations pour airs, rails, routes
Les acteurs ciblés sont des constructeurs de tous types de mobilité, des start-up, des énergéticiens, des porteurs de solutions de recyclage des batteries, des équipementiers et des sous-traitants automobiles, mais aussi des acteurs de l’aviation et du rail. "L’hydrogène est déjà utilisé pour le décollage des fusées, note Magali Alix-Toupé. Maintenant, il va falloir trouver comment favoriser ces pratiques vers les mobilités terrestres, et les mobilités lourdes en particulier, c’est-à-dire le transport sur longue distance."
Cette thématique de l’hydrogène liquide fait aussi écho aux ambitions de la fédération internationale automobile (FIA). Cette instance qui régit le sport automobile dans le monde veut créer une catégorie électrique-hydrogène à partir de 2028 — le règlement est en cours de rédaction — y compris aux 24 Heures du Mans. Cette nouvelle motorisation est le sujet de recherches de la mission H24 en Sarthe avec le prototype H24EVO doté d’une pile à combustion.
Un investissement à la carte
Dans ce sillage, XMobility Le Mans vient d’éditer ses offres pour "les sponsors souhaitant s’engager et afficher leur soutien aux nouvelles mobilités durables dès maintenant". Dans sa future usine partagée, les entreprises retenues pourront mener leurs recherches de manière privée ou mutualisée. Selon ses préférences, chacune financera sa place pour un coût compris entre 50 000 et 500 000 euros. "Les tarifs seront au cas par cas en fonction des besoins (espace, équipements, etc.) et motivations", précise la directrice.
Une émulation favorable
Dans le contexte économique actuel, la structure mancelle fait valoir les avantages d’une R & D mutualisée. "Pour engager une transition durable, nous estimons qu’il faudra développer toute une chaîne de valeur afin de développer des flottes entières. La mutualisation fait sens face aux baisses générales des budgets, mais aussi pour mener des réflexions afin d’aller plus vite", clame Magali Alix-Toupé. "D’habitude, chacun travaille de son côté. Là, chacun pourra échanger avec d’autres acteurs pour faire avancer de nouvelles technologiques."
Tout le monde n’adhère pas à cette vision. "Nous sommes dans une phase de transition, donc il y aura forcément un déplacement des investissements", estime la directrice du hub. "Certains constructeurs sont moteurs pour construire des solutions à long terme, d’autres à l’inverse freinent : certaines marques sont actuellement dans une situation de business as usual, elles gèrent les affaires courantes."