L'entreprise Art'C.ANe vient juste de s'installer au rez-de-chaussée du PIBS à Vannes. Mais déjà, le travail ne manque pas. Deux rapports sont en cours de finalisation pour pouvoir facturer des analyses effectuées en novembre et deux autres contrats se profilent en février. Avec son laboratoire - 32.000€ d'investissement dont 18.000€ rien que pour le microscope Leica et sa source de lumière ultra-violette - Art'C.ANe se positionne comme un précieux auxiliaire pour la cinquantaine de restaurateurs d'oeuvres d'art free-lance de Bretagne et des Pays-de-la-Loire. «Pour une sculpture en bois peinte plusieurs fois, je réalise une radio qui permet d'identifier les différentes couches puis je dégage chaque niveau de peinture avec un scalpel», explique la fondatrice Caroline Leynia de la Jarrige. «J'apporte aussi une aide documentaire lorsque je détecte que le nez d'un Saint-Jacques a été truffé de pointes, qui étaient enfoncées là pour provoquer la fertilité.»
Bardée de diplômes
Après une licence de biologie, une maîtrise de sciences et techniques en conservation-restauration des biens culturels, un DEUG d'archéologie et un master 2 pro de physique - rien que ça - la créatrice de 29 ans a d'ailleurs été un temps elle-même restauratrice d'oeuvres. Une profession qui l'a amenée à intervenir un peu partout en France, voire dans le monde. Entre les musées de Nantes ou Rennes, le domaine de Kerguéhennec et le pôle muséal qui doit rassembler la Cohue, Roscanvec et château Gaillard à Vannes, le travail ne manque pas. Art'C.ANe songe déjà à embaucher et à développer l'IRM qui permettrait de sonder en profondeur certains vernis. Mais Caroline Leynia de la Jarrige n'a pas pour autant l'intention de brûler les étapes car «trop de polyvalence tue la crédibilité». Une maxime que de nombreuses professions pourraient reprendre à leur compte en cette période d'incertitudes budgétaires.
Art'C.ANe. à Vannes. Tél.: 02.97.68.14.42.
Laboratoire spécialisé dans la restauration d'oeuvres d'art, Art'C.ANe s'implante tout juste à Vannes.