Areva : Une nouvelle turbine pour emporter l'appel d'offres
# Industrie

Areva : Une nouvelle turbine pour emporter l'appel d'offres

Éolien offshore Areva espère produire au Havre sa future turbine de 8 MW qui équipera les parcs du Tréport et de Noirmoutier, si le consortium de GDF-Suez l'emporte.

On prend les mêmes et on recommence ? Pas si simple. Échaudé par un appel d'offres déclaré infructueux par le précédent gouvernement, le consortium mené par GDF-Suez a revu sa copie pour décrocher le Graal : à savoir la maîtrise d'oeuvre des parcs éoliens en mer du Tréport en Seine-Maritime et de l'Ile d'Yeu-Noirmoutier en Vendée.Seul candidat en lice en 2011, le consortium s'appuyait en Normandie sur plus de six ans d'études et de concertation menées par une PME montpelliéraine devenue entre-temps sa filiale, La Compagnie du Vent. Retoqué une première fois, le projet initial a donc été redimensionné, passant d'un parc d'une capacité de 750 MW, soit 145 éoliennes à 14 km des côtes, à 500 MW de puissance totale.




De 150 à 62 éoliennessur le site du Tréport

Et pour l'emporter sur le grand rival EDF-Energies Nouvelles et ses partenaires, GDF-Suez et Areva ont choisi une solution de rupture : avec des turbines d'une capacité unitaire de 8 MW contre 5 MW pour ses devancières, Areva permet un redimensionnement du parc qui ne compte plus désormais que 62 éoliennes au lieu des 150 prévues lors du premier appel d'offres. Un argument essentiel pour les promoteurs du projet qui ont dû faire face ces dernières années à une opposition déterminée des pêcheurs locaux : « la densité était un vrai souci pour la pêche », reconnaît d'ailleurs Philippe Kavafyan, le directeur France d'Areva Wind. Moins nombreuses, les éoliennes seraient ainsi plus espacées ouvrant de plus larges couloirs de navigation. « C'est une base de dialogue (avec les pêcheurs) complètement renouvelée ! », espère le représentant d'Areva.




Le choix des fondations« jackets »

Conséquence de ce choix d'une nouvelle turbine, les fondations dites « jackets » ont été privilégiées « afin de prendre en compte les exigences environnementales sur ce champ », précise l'industriel. Préférées aux fondations gravitaires ou autre mono-pieu, elles offriraient l'avantage de moins gêner les courants marins, d'être plus facile à installer et à démanteler. « Sans compter qu'il s'agit d'une technique qui deviendra une solution de référence pour les grands champs à l'export », insiste Philippe Kavafyan. La solution devrait, espère-t-il, convaincre les pêcheurs jusque-là hostiles au projet de parc éolien en mer. Sur le plan industriel, plusieurs partenaires potentiels ont été consultés, dont le chantier naval STX (Saint-Nazaire) pour les fondations.En proposant une turbine de 8 MW équipée de pales de 90 m, Areva se positionne donc sur le marché européen de l'éolien offshore où se préparent des champs « de plus en plus grands et de plus en plus loin des côtes ». L'enjeu pour l'industriel consiste donc à faire baisser les coûts des installations en réduisant le nombre d'unités. Côté normand, le choix de cette nouvelle solution ne manquera pas d'impacter le dimensionnement du futur site d'assemblage d'Areva au Havre, ainsi que les aménagements prévus par ses partenaires industriels, dont Fouré Lagadec qui doit produire les bases des mâts. Pour Areva le dépôt du permis de construire, retardé ces derniers mois, est désormais prévu dans le courant du 1er trimestre 2014.



Guillaume Ducable

# Industrie