Tournée générale ! Après avoir levé deux millions d’euros en 2023, la brasserie Tête Haute (23 salariés, CA 1,6 M€), basée au Cellier, vient de boucler un nouveau tour de table de quatre millions d’euros auprès du fonds à impact Phitrust, d’Inco Ventures, Lita.co, ainsi que la Banque des Territoires. Grâce à cette manne financière, Tête Haute a notamment pu acquérir l’outil industriel de la brasserie parisienne Gallia, propriété depuis 2021 du géant Heineken. Cette dernière avait ouvert son site à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) en 2021, mais a finalement fermé ses portes début 2025, car elle était "largement sous-utilisée et les volumes produits n’amortissent pas les coûts fixes", selon Heineken. De son côté, Tête Haute arrivait à saturation avec sa première brasserie d’une capacité de 5 000 hectolitres de bières par an. "Avec cet outil, nous avons les capacités de produire jusqu’à 50 000 hectolitres", souligne le cofondateur et directeur général Fabien Marzelière. Les effectifs pourraient également à terme atteindre les 40 salariés.
L’objectif de la pérennité
"Lorsque nous avons entamé les discussions, l’idée initiale avec Heineken était de rouvrir le site de Sucy-en-Brie. Mais ce n’était finalement pas possible en termes de modèle économique : le loyer était élevé et c’était plus complexe pour nous de gérer deux sites très distants", expose Fabien Marzelière. Les cuves et l’ensemble de l’outil ont été démantelés, transportés en convoi exceptionnel pour s’établir à l'est de Nantes. Les premières cuvées devraient débuter à l’été 2026. "Le métier nécessite une taille minimale sur le long terme, et les brasseries trop petites ont tendance aujourd’hui à stopper leurs activités ou à fusionner", soulignait dans nos colonnes en 2023 Fabien Marzelière. Aujourd’hui, l’objectif de Tête Haute est de trouver la juste taille pour atteindre la pérennité. "Nous ne sommes pas encore rentables. L’idée est de passer du Grand Ouest à une échelle nationale. Pour cela, nous passons actuellement des accords avec les centrales de grande distribution comme Super U ou Leclerc", note Fabien Marzelière.
Une plus grande accessibilité
Cette nouvelle localisation permettra également à Tête Haute d’appuyer son projet social, en étant plus accessible que le site du Cellier pour les personnes qui ne sont pas véhiculées. D’autant plus que la brasserie se distingue en proposant des contrats d’insertion, soit des contrats qui visent les personnes éloignées de l’emploi, et sert de sas avant d’atteindre un emploi durable. Ces contrats concernent un tiers des employés de Tête Haute. Et pour renforcer ce projet, Tête Haute a ouvert depuis un an et demi un restaurant d’insertion sur l’Île de Nantes sur le même principe social que sa brasserie. Baptisé Mashup, il compte aujourd’hui une dizaine de salariés et conserve une activité à l’équilibre. "Nous faisons le dos rond en attendant la fin des différents chantiers sur l’Île de Nantes. Mais l’arrivée du tramway devrait redonner un nouvel élan à ce quartier", prévoit Fabien Marzelière. En attendant, Tête Haute peut au moins y arroser son nouvel outil industriel.