Macé, expert de la campanologie (entretien des cloches des lieux de culte) et Macé Couverture vont mieux. Cynthia et Franck Perrin-Morel, leurs dirigeants entendent le faire savoir. "Nous sommes passés d’un mode dégradé en 2024 à une nouvelle dynamique cette année", précise le Costarmoricain, à la tête de la holding P2M avec son épouse. Les deux PME ont réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires cumulé de 2,5 millions d’euros et comptent 22 collaborateurs.
Un cumul de difficultés
Ce mode dégradé était dû au redressement judiciaire dans lequel se trouvait Macé depuis le 9 janvier 2024 et Macé Couverture le 16 avril de la même année. À l’origine de ces difficultés, des soucis de rentabilité pour la première et deux gros impayés pour la seconde. Le montant du passif n’a pas été dévoilé. "La difficulté de recruter, des couvreurs, des campanistes et des technico-commerciaux nous a également pénalisés", explique Franck Perrin-Morel.
Sans compter, en décembre 2023, une mise en demeure de mise aux normes pour l’atelier de l’entreprise située à Trégueux (Côtes-d’Armor). "Le rapport a parlé d’un danger grave et imminent mais il n’a pas imposé de fermeture du lieu", pointe le dirigeant. Un atelier dans lequel sont fabriqués les jougs et beffrois, autrement dit les supports des cloches et autres pièces métalliques ou en chêne.
Un plan de continuation sur 10 ans
Aujourd’hui, en ces Journées européennes des métiers d’Art, au cours desquelles la PME ouvre pour la première fois ses portes aux visiteurs, les nuages semblent s’être dissipés. Les deux entreprises bénéficient depuis décembre 2024 d’un plan de continuation sur dix ans. Et ont conservé pendant la procédure consulaire la confiance de "la majorité" de leurs clients et de leurs fournisseurs. Permettant notamment de maintenir des revenus récurrents grâce à des contrats de maintenance des installations.
Un mode de management plus direct
Outre la démonstration du caractère rentable des entreprises et de leur faculté à apurer le passif auprès des juges, les dirigeants ont aussi pris des mesures. "Nous avons remobilisé les équipes sur le projet : elles ont pris conscience de la fragilité d’une entreprise", note Franck Perrin-Morel. Au programme également, des départs volontaires qualifiés de "positifs", une remise aux normes des ateliers, un mode de management plus direct, un recours accru aux experts-comptables et, pour Macé, une concentration sur les activités les plus rentables.
Une activité de campanologie sur le Grand Ouest
Au premier rang desquelles figure l’activité historique de l’entreprise née en 1979 : la campanologie, soit l’installation, l’amélioration et l’entretien des cloches dans les édifices religieux, qui représente encore 60 % du chiffre d’affaires, devant la protection contre la foudre des bâtiments et l’installation de protections contre les chutes. La PME possède également une activité d’installation d’équipements sportifs. Le tout dans le grand Ouest.
Quant à Macé Couverture, la PME qui œuvre dans la couverture et l’étanchéité avec un rayon d’action limité au département des Côtes-d’Armor a pu répondre à nouveau aux appels d’offres après la sortie du redressement.
Une année 2025 bien partie
Résultat, "2025 se présente bien", savoure le Costarmoricain. Du côté de Macé Couverture, les réponses aux appels d’offres aux repris et du côté de Macé, de nouveaux contrats sont rentrés. Les entreprises ont même recruté 5 salariés depuis le début de l’année, dans un marché enfin moins tendu. Même si l’activité justifierait le recrutement de 10 couvreurs et de deux techniciens commerciaux supplémentaires…