« Depuis quelques mois, nous constatons une véritable hypocrisie de certains gros donneurs d'ordre institutionnels, publics ou privés, dans la gestion de leurs appels d'offres. Parfaite illustration du « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », le CMB/Arkéa concernant l'attribution du marché national des machines à café destinées aux salariés (140 sur toute la France).
Un groupe financier
Après plusieurs années de gestion confiée à des acteurs régionaux du secteur de la distribution automatique de boissons, pour beaucoup sociétaires et clients de la banque, cette entreprise a confié la totalité de son parc machines à un groupe financier de dimension national, Daltys. Ce choix a été assumé par le haut comité de direction du CMB/Arkéa au nom d'une décision stratégique, rationnelle et d'une optimisation financière liée à la recherche du profit maximum.
Peu de solidarité
La triste réalité, c'est que ce CMB/Arkéa, au nom d'une sacro-sainte identité solidaire bretonne, souhaite du soutien aujourd'hui, par peur d'être croqué par un xéno-poisson vorace plus gros que lui. Mais cette règle du jeu spéculatif qui semble l'offusquer, la banque ne s'en préoccupe guère quand il s'agit de contribuer à la disparition de partenaires locaux qui sont à la fois fournisseurs et clients.
Malheureusement, l'attitude du CMB/Arkéa n'est pas isolée. L'université de Rennes vient ainsi de passer un marché avec le Pélican, appartenant au fonds de pension CVC, pour la mise à disposition de machines à cafés. Autre exploit de l'été 2015, la performance de l'administration hospitalière de Lannion qui a confié la mission de gestion de la cafétéria au groupe Sofratel, en lieu et place d'une entreprise locale qui s'en occupait, avec qualité depuis plusieurs années. »
Propos recueillis par Julien Uguet
Patrons de Prodica Ouest et de Lobodis à Saint-Brieuc, Pierre-Yves Mahé et Franck Delalande dénoncent l'hypocrisie qui entoure les appels d'offres régionaux.