L’appel d’offres pour le premier parc éolien au large d’Oléron (AO7) a été déclaré infructueux ce 24 septembre par le ministère de l’Économie, faute de candidat, alors que le normand Centre Manche 2 a trouvé preneur. Ils étaient pourtant neuf sur la ligne de départ pour Oléron. L’information selon laquelle il ne restait plus qu’un candidat en lice avait fuité dans la presse en juin, révélée par nos confrères de La Tribune. "Et le dernier candidat s’est désisté", nous confirmait hier Rémi Justinien, vice-président régional en charge de l’Économie de la mer. Le cahier des charges de l’État, dévoilé tard dans la procédure et basé sur un coût de rachat de l’énergie trop bas, a eu raison des postulants ; alors que le chantier, à une profondeur inédite, est un défi technique qui grève les budgets.
Un nouvel appel d’offres attendu
Et maintenant ? Un nouvel appel d’offres devrait être lancé par l’État, "peut-être fin décembre, avec un cahier des charges assoupli on l’espère", insiste l’élu. Puisque "c’est surtout une histoire de coût", tant du prix l’énergie que de la construction, le projet pourrait aussi migrer en version flottante. Une hypothèse écartée jusqu’à présent par manque de maturité de la technologie, mais les années ont passé et les progrès ouvrent des perspectives. "D’autant que l’AO9 (le second parc éolien au large d’Oléron) est de toute façon flottant", souligne Rémi Justinien.
Pour le territoire les enjeux sont majeurs, avec des investissements déjà réalisés et des promesses : "165 entreprises sont impliquées dans la filière ; 50 d’entre elles réalisent déjà du chiffre d’affaires avec l’éolien offshore. À la clé, c’est 1 500 emplois créés pendant 20 ans et plus de 2 milliards d’euros de retombées pour le territoire. Nous y croyons encore, la Région, les entreprises. Si on repousse trop le projet, on prend le risque de faire travailler plus tard des entreprises qui ne seront pas d’ici."
"On ne peut pas imaginer que le Président de la République vienne aux Assises de l’économie de la mer, les 4 et 5 novembre, sans une annonce."
Raison de plus de guetter la visite du Président de la République aux Assises de l’économie de la Mer les 4 et 5 novembre à La Rochelle, qui réunit les grands acteurs français et européens du secteur maritime. "On ne peut pas imaginer qu’il vienne sans une annonce", table l’élu, qui rappelle l’entrée en vigueur de la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2025-2035 (PPE 3) le 1er janvier 2026.