Antinomie du modèle anglo-saxon?
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Antinomie du modèle anglo-saxon?

L'entrepreneuriat social, et plus globalement l'économie sociale et solidaire (ESS), trouvent un large écho en France. Une récente enquête souligne les motivations des porteurs de projets dans ce domaine. Elles sont loin du modèle anglo-saxon supposé et de la course au profit. Dans une thèse publiée il y a quelques années, Bernard Massiera, docteur en sciences de l'information et de la communication, distinguait la dominante "fonctionnelle" liée à la culture d'entreprise américaine de la culture "identitaire" française.




Divergences sur la culture d'entreprise

«Les managers américains adhèrent à une logique fonctionnelle et instrumentale de l'organisation qu'ils perçoivent avant tout comme un système de tâches à accomplir et d'objectifs à atteindre», expliquait le chercheur. Outre-Atlantique, «le management considère la culture d'entreprise comme un outil de communication tenu d'adapter l'organisation aux exigences des situations.» Ici, en revanche, écrivait-il, «l'organisation est perçue comme une collectivité de personnes à gérer. La culture d'entreprise ne revêt pas simplement la forme d'une constitution purement formelle d'une connaissance, mais bien de son insertion dans une réalité sociale déjà constituée.» Bien que les unes n'aient rien à voir avec l'autre, ces remarques trouvent un écho singulier dans une étude CSA/Avise auprès d'entrepreneurs sociaux dans le cadre des "Tendances 2012 des entreprises sociales". Selon cette enquête, 30% des 243 dirigeants d'entreprise sociale interrogés placent la réduction des inégalités et le renforcement de la cohésion sociale comme finalité première de leur entreprise, juste devant la création ou le maintien d'emplois durables ou de qualité (29%). La réponse à des besoins non satisfaits par les pouvoirs publics et le secteur lucratif vient en troisième position (22%).

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