Lorsqu'elle parle d'Inovallée, Anne Fluttaz est passionnée. Elle connaît bien le technopôle pour y travailler depuis plus de trente ans, chez Atos origin, où elle est actuellement responsable des services généraux. Depuis un an, ses liens avec Inovallée se sont encore renforcés puisqu'elle assure la présidence de l'association. Très impliquée dans tout ce qu'elle entreprend, Anne Fluttaz sourit lorsqu'elle évoque un projet susceptible de faire souffler un vent nouveau sur ce site dédié aux entreprises innovantes. Elle s'agace par contre lorsqu'un événement impacte le lieu de manière négative, comme le report du tramway, prévu initialement pour 2014. «Je suis quelqu'un d'entier et franc», avoue-t-elle dans un sourire.
Attachée à la région
Diplômée de l'Institut de commerce international de Genève, cette femme vive et chaleureuse s'est installée à Grenoble dès son retour en France, en 1976. «C'est une région dynamique, et en même temps, elle offre un cadre de vie extraordinaire», note Anne Fluttaz. Après une année passée à Télémécanique (devenue Bull), elle crée la société informatique Cerci avec quatre associés, en 1977. Rachetée une première fois, celle-ci est ensuite rattachée par Atos origin en 2004. Au fil du temps, la petite start-up a bien grandi. Aujourd'hui, les deux sites du bassin grenoblois comptent plus de 700 salariés, et Anne Fluttaz a fait le choix d'y rester. «J'ai parfois été tentée de créer ma propre entreprise, mais j'avais toujours l'impression d'avoir encore des choses à gérer ici», avoue-t-elle, mentionnant également des raisons familiales. Avec un fils, aujourd'hui âgé de 28ans et indépendant, elle affirme cependant ne pas avoir eu à pâtir d'être une femme au cours de sa carrière. «La parité n'existe toujours pas, mais je n'ai jamais ressenti le fait d'être une femme comme un problème. J'ai l'impression que je suis même plutôt bien accueillie, notamment quand j'ai pris la présidence d'Inovallée.»
Miser sur le développement durable
Au sein de l'association, il s'agit pour Anne Fluttaz de dépoussiérer l'image du premier technopôle créé en France, en 1968. Très concernée par le développement durable, elle mise beaucoup sur les écotechnologies pour le relancer. «J'ai été élevée dans une famille qui a toujours eu le sens de la nature et de l'environnement», affirme-t-elle, évoquant ses souvenirs de pêche à l'Ile de Ré quand elle était enfant. Savoyarde d'origine, elle laisse transparaître une préférence pour la montagne, où elle pratique régulièrement la randonnée et le ski pour se ressourcer. Mais pour Anne Fluttaz, le développement durable ne se limite pas à la seule protection de la nature. «Il comprend également un volet économique et social», insiste-t-elle. Impliquée en tant que citoyenne au sein de sa mairie de quartier, à Chambéry, elle y est membre de la commission ?grands projets?. Cependant, elle refuse de s'investir d'avantage ou de dévoiler une étiquette politique. «Le côté politicien me déplaît, je n'aurai pas accepté les compromis», affirme la présidente d'association. Anne Fluttaz parle de la politique au passé. Mais concernée par le monde qui l'entoure, beaucoup de sujets de sociétés l'exaltent. Comme la condition des femmes en détention auprès desquelles elle souhaiterait s'impliquer.
Présidente d'Inovallée depuis un an, Anne Fluttaz prépare la redynamisation du technopôle. Savoyarde et attachée à la préservation de la nature, elle n'a pas attendu que l'expression soit à la mode pour s'intéresser au développement durable, au quotidien comme dans le monde de l'entreprise.
Tiphaine Le Roy