Prétentieux, ambitieux, Casanova, beau parleur, tyran... André Mounier en a entendu de toutes les couleurs lorsqu'il est arrivé, en 2004, à la tête de la chambre de commerce et d'industrie de Saint-Étienne après une bataille particulièrement acharnée entre deux listes. «J'ai rasé les murs pendant plusieurs semaines après l'élection. J'ai pardonné, même si je n'ai pas oublié», sourit aujourd'hui André Mounier.
Un caractère passionné
5 ans plus tard, il a réussi l'exploit de fédérer les élus issus des deux organisations patronales majoritaires. À tel point qu'André Mounier parle d'ailleurs d'une probable liste unique pour les prochaines élections, l'an prochain. Élections auxquelles il a déjà annoncé être prêt à repartir, «à condition qu'il y ait bel et bien une seule liste». Évidemment son caractère passionné ne fait pas que des adeptes, sa récente prestation théâtrale, en Cyrano, à l'occasion de la cérémonie des voeux a rallié la majorité mais fait sourire quelques-uns. Mais aujourd'hui, il sait prendre les critiques avec philosophie. «Prétentieux? Non, certainement pas. Ambitieux, oui. Mais ce n'est pas une ambition personnelle, j'ai de l'ambition pour le territoire et la CCI. Casanova? Peut-être. Beau parleur? Oui, mais c'est plutôt une qualité car la communication est suivie d'effets. Regardez l'ESC ou le montant de la taxe d'apprentissage! Tyran? Disons que j'exige que ce soit les élus les patrons». En tout cas, quels que soient les travers dont certains lui font grief, il a réussi à mener sa barque comme il l'entendait. Issu d'une famille modeste, d'une maman d'origine polonaise et d'un papa agent de maîtrise pour Creusot Loire, il a fait des études de comptabilité/gestion. Il n'était pas un élève très brillant, selon ses propres dires, car trop intéressé par ses passions extrascolaires: le théâtre et le sport. Aujourd'hui, il trouve d'ailleurs toujours le temps de faire du vélo et des randonnées à haute dose. Il doit d'ailleurs entamer cet été le chemin de Compostelle.
Des poules, des oies...
Il débute sa vie professionnelle par l'intérim puis rentre rapidement chez Creusot Loire comme comptable. «Mes parents étaient enchantés, c'était une sorte de réussite sociale. Mais ça ne bougeait pas assez pour moi, j'avais la fibre entrepreneuriale, alors j'ai démissionné». Il entre en 1974 comme fondé de pouvoir dans un cabinet d'assurance. 4 ans plus tard, il est nommé agent général. «J'étais enfin rémunéré en fonction de mon travail, de mes envies. C'est à cette époque que j'ai fait la part des choses entre ceux qui attendent et ceux qui entreprennent. Il est bien normal que les rémunérations soient différentes». Il crée deux agences, développe son entreprise, jusqu'en 2002, date à laquelle il vend son affaire pour des raisons d'ordre familial. Deux ans plus tard, il devient président de la CCI de Saint-Étienne/Montbrison. Malgré cette réussite exemplaire, ce grand-père de 2 petits-enfants avoue n'avoir pas mené sa vie personnelle aussi bien que sa carrière professionnelle. «Je regrette de n'avoir pas été assez présent pour mes enfants. Je n'ai pas su m'organiser comme d'autres ont pu le faire». À 62 ans, André Mounier se dit aujourd'hui épanoui et profite avec sa compagne, pendant son temps libre de sa ferme de Saint-Julien-Chapteuil où il élève poules, canards, oies...
D'un caractère passionné et charismatique, André Mounier mène la CCI de Saint-Etienne d'une main de maître. Très investi dans son "métier" de président, il a su conserver quelques passions: le sport, la nature...
Stéphanie Gallo