Altho : Le fabricant de chips craque 23 M€ pour l'Ardèche
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Altho :
Le fabricant de chips craque 23 M€ pour l'Ardèche

Le Pontivyen Altho a craqué pour Le Pouzin en Ardèche. Le fabricant de chips de Saint-Gérand, y implante sa deuxième usine et crée 60 emplois.L'investissement atteint 23 M€ pour la PME, composante de la holding Alain Glon, qui s'ouvre de nouveaux marchés.

Les chips bretonnes ont de l'appétit. Elles se préparent à gagner les bassins de consommation du Sud-Est voire à percer plus encore à l'export. Elles, ce sont les chips produites par Altho, à Saint-Gérand près de Pontivy. Estampillées à 80 % pour des marques distributeurs et très majoritairement vendues en GMS, elles cohabitent naturellement avec leurs cousines Bret's, la marque maison qui joue avec les saveurs et opte pour un positionnement un peu plus premium.

Saint Gérand Bis
Derrière cette entreprise en pleine croissance, on retrouve un certain Alain Glon et sa holding du même nom. Un pari osé en 1995, gagnant depuis. Mais aujourd'hui l'essor d'Altho passe par d'autres projets qui l'amène à construire une usine miroir de celle de Saint-Gérand en région Rhône-Alpes plus précisément au Pouzin en Ardèche. Un investissement majeur puisque qu'il atteint 23M€ pour la PME qui surfe sur le marché du snacking avec sa propre marque Bret's et avec des marques de distributeurs. Son nouveau développement répond à plusieurs raisons. La première renvoie aux capacités de production de l'unité pontivyenne. « Avec 20.500 T annuelles, l'usine morbihannaise est à pleine capacité voire pas loin de la saturation. Nous aurions pu imaginer nous agrandir ici. Mais il s'avérait plus intéressant de se rapprocher de grands bassins de consommation », justifie Laurent Cavard, directeur général de la société qui emploie 240 salariés.

Un relais de croissance
En effet, l'atout breton est payant dans une certaine mesure : Altho a noué un partenariat avec 200 agriculteurs locaux. Sur leurs 1.400 hectares poussent les pommes de terre qui rejoindront, à maturation, l'usine pontivyenne. Mais économiquement, l'éloignement breton a également pour effet de générer des coûts de transports impactant les prix de vente et donc l'accès à certains marchés.Depuis Le Pouzin, le fabricant de chips s'ouvre des relais de croissance en France mais aussi à l'export. « Lyon et Marseille ne seront plus qu'à 160 - 170 km. Dans un second temps, c'est aussi l'export vers les pays d'Europe du Sud qui nous intéresse tout comme la Suisse et l'Allemagne. Nous ne faisons pour l'heure qu'1 % de nos 76 M€ de chiffre d'affaires à l'international », indique Laurent Cavard, le directeur général.

Une production sécurisée
Un troisième élément a fortement fait pencher la balance en faveur d'une seconde unité : la sécurisation de la production qui sera lissée sur deux sites. De quoi limiter les incidences de problèmes d'approvisionnement, de soucis de l'outil industriel et le risque d'incendie. « Nous sommes un peu paranos par rapport aux risques d'incendie », confie entre amusement et sérieux le dirigeant. « C'est pour cela que nous ne transigeons pas en investissements de sécurité (murs coupe-feu, spinklers). Entre les huiles et le stock de cartonnage, il faut prévenir au maximum ce risque. »Après la stratégie, place à la production. L'usine ardéchoise va démarrer en mars pour atteindre ses pleines capacités en septembre.

Une ligne et 60 emplois
Une soixantaine d'emplois seront créés à l'automne avec une première ligne de production dimensionnée pour 6.000 tonnes de chips par an. Des développements sont attendus sur le site du Pouzin si la croissance est au rendez-vous, une seconde ligne de fabrication pourrait être installée en 2016. En attendant, les équipes d'Altho contractualisent avec des producteurs ardéchois de pommes de terre primeurs et projettent de créer un autre réseau d'approvisionnement en Auvergne voire en Sud Bourgogne.Parallèlement, dans le Morbihan, les investissements se poursuivent aussi au rythme de quelque 5 M€ annuellement. De quoi stimuler l'innovation. Elle passe par les chips de légumes dont la production a démarré en mars. Une niche mais aussi un pari. En 1995, au lancement d'Altho avec 16 salariés et une ligne de production, le monde économique parlait déjà de pari.

Altho


(Saint-Gérand)DG : Laurent Cavard240 salariés (400 en période de pointe)76 M€ de CAwww.brets.com

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