Face à un marché directement impacté par la problématique des investissements industriels, ASM résiste. Mieux, elle mise sur l’avenir. Après avoir investi une enveloppe de 1,5 million d'euros dans la construction du premier bâtiment labellisé Effinergie+ de Sophia Antipolis, dont l’inauguration est prévue d’ici à la fin de l’année, la société spécialisée dans la conception de machines spéciales robotisées vient de racheter son homologue de Meyreuil, dans les Bouches-du-Rhône, l’entreprise High TaiX experte en soudure ultra-son et robotique rapide. Une première opération de croissance externe qui marque sa volonté de se déployer en Paca.
« L’objectif est désormais de toucher plus largement les industries locomotives régionales comme Eurocopter », confirme son dirigeant, Matthieu Vergé-Salamon. Déjà bien implantée dans les Alpes-Maritimes, où elle réalise 80 % de son chiffre d’affaires, ASM multiplie les références : Virbac, Mane, Schneider, les grands noms industriels azuréens lui font confiance et « restent fidèles ». Son activité, à dessein multisectorielle pour ne pas être tributaire des cycles de marché, se maintient. L’entreprise va clôturer l’exercice 2014 avec un total de 4 millions d'euros de commandes. Et son carnet 2015 affiche d’ores et déjà trois nouvelles machines, dont le montant global oscille entre 800.000 € et 1 million. Le résultat d’efforts de prospection particulièrement soutenus qui ont lui permis de gagner en deux ans pas moins de 14 nouveaux clients.
Reste que ASM, comme ses homologues, souffre du retard français en matière de robotisation industrielle. On estime à 33.000 le nombre de robots présents dans les entreprises françaises, bien loin derrière l’Allemagne dont le parc est cinq fois plus important. « En France, on fait encore trop facilement le raccourci pernicieux qui associe automatisation et perte d’emplois. Or les clients qui automatisent le plus sont généralement ceux qui réussissent à conserver leur main-d’œuvre, voire à l’augmenter grâce au gain de compétitivité généré », scande le dirigeant. Aussi l’entreprise a-t-elle rejoint en tant qu’intégrateur le programme gouvernemental Robot Start PME. Lancé fin 2013, il vise à accélérer le taux d’équipement des PME hexagonales via un système d’accompagnement et d’incitation fiscale. « Les premières demandes sont tombées en début d’année, précise le dirigeant. 62 projets ont été éligibles, dont 2 sur Paca » À suivre…