Fin juillet, l'adoption par le gouvernement algérien d'une nouvelle loi de finances visant à durcir les modalités d'importation des marchandises a fait vivement réagir l'Union maritime et fluviale (UMF) de Marseille-Fos, qui en a appelé à la fin août à la secrétaire d'État au commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, afin que des négociations soient entamées avec l'État algérien. 35 à 40% du trafic des bassins est du Grand port maritime de Marseille sont en effet liés à la desserte de l'Algérie. «L'Algérie représente près de 10% du trafic total du port », souligne-t-on à l'UMF. La loi de finances algérienne impose notamment désormais aux importateurs de recourir aux crédits documentaires pour le règlement de leurs factures et interdit l'importation d'engins de travaux publics d'occasion. De plus, pour tout projet d'investissement dans le pays, les entreprises se doivent d'avoir un partenaire national à hauteur de 51% du capital. Le tableau s'est encore noirci début octobre. Désormais, le port d'Alger ne reçoit plus de marchandises non conteneurisées. Une décision prise afin de résoudre les problèmes d'engorgement du port d'Alger.
Des relations basées sur le voisinage
«Ces mesures, compréhensibles, du gouvernement algérien, ont des conséquences sur les PME et les entreprises marseillaises du secteur maritime, a commenté Anne-Marie Idrac. La rencontre avec les entreprises marseillaises a permis de faire remonter des propositions techniques qui vont pouvoir enrichir les négociations». «Les relations entre Alger et notre région sont basées sur le voisinage. Nous avons des relations maritimes quotidiennes. Nous ne sommes pas dans le grand commerce international. Des aménagements techniques peuvent donc être proposés afin d'atténuer l'impact des décisions du gouvernement algérien sur Marseille via les modalités d'application», a conclu Jacques Pfister, président de la CCI Marseille-Provence.
Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État au commerce extérieur, était à Marseille à la fin septembre, à la demande des professionnels, afin de soutenir les élus régionaux dans la démarche qu'ils souhaitent entreprendre auprès du président algérien Abdelaziz Bouteflika, suite au durcissement des modalités d'importation mises en place par son pays.