Le Journal des Entreprises : Quel regard portez-vous sur ce mandat de cinq ans ?
Alain Di Crescenzo : Nous avons ouvert les portes de la CCI. Souvent les CCI sont entrantes, nous avons fait autrement et rencontré les entreprises et les commerces sur le terrain - entre 60 et 80 par mois. Mais il reste beaucoup à faire : il y a 55.000 établissements en Haute-Garonne ! Nous avons aussi créé des événements, le Forum de l'industrie, Toulouse à Table, Sud Agro Industrie ; nous avons pris 40 % de la marque Siane et 25 % du Toulouse Space Show...
Aujourd'hui, vous être le seul candidat à la présidence de la CCI Toulouse. Mais vous regardez également du côté de la nouvelle CCI Occitanie ?
A.d.C. : Je me représente à la CCI de Toulouse avec la meute entrepreneuriale créée, dans un triumvirat avec Philippe Robardey et Anouk Déqué. J'ai souhaité aussi postuler à la présidence de la CCIR. Si j'y suis élu, je démissionnerai et un nouveau président sera élu en janvier 2017, a priori Philippe Robardey avec Anouk Déqué comme première vice-présidente.
Quid de la parité qui doit concerner les binômes titulaires-suppléants ?
A.d.C. : On l'a mise en place ; et sur les 23 binômes, il y a 8 titulaires femmes (9 l'an prochain).
Quels sont les enjeux cruciaux de ce nouveau mandat, sur le plan régional ?
A.d.C. : Nous avons de plus en plus d'entreprises (240.000 inscrites au registre du commerce et des sociétés dans la région) et un budget pour les CCI qui a fondu, de 42 % entre 2010 et aujourd'hui. L'enjeu, c'est l'efficacité. Donc jouer sur l'organisation : comment répartir les activités entre la CCIR et les CCI territoriales, avec pour la CCIR un rôle de support à jouer ; comment opérer les changements de cette fusion des deux CCIR pour être opérationnel rapidement... Il faudra aussi jouer sur les moyens : mettre en place la CCI de demain en apportant plus de numérique, à nous et aux entrepreneurs. Et être omniprésents sur les réseaux sociaux.
Et en local ?
A.d.C. : A Toulouse, ce sont les transports qui freinent le développement. Il faut converger vers le métro (un troisième ligne vers l'aéroport), boucler rapidement le financement de la LGV, ne pas lâcher sur le routier en travaillant sur des " barreaux " qui rejoignent les autoroutes, et créer l'autoroute Toulouse-Castres.
Comment être efficace avec moins de budget ?
A.d.C. : En 2017, le budget des CCI en France va encore baisser de 6,7 %. A la CCIT, depuis 2010, nous avons travaillé sur la pyramide des âges en ne remplaçant pas 25 % des effectifs - nous sommes environ 140 collaborateurs aujourd'hui. Cela nous a permis de faire face en douceur. Il faudra encore ajuster des coûts. Et, comme je le disais, être efficace et mutualiser davantage entre CCIR et CCI territoriales, mais aussi avec la métropole avec laquelle nous avons mis en place des actions pour accueillir les entreprises. Avec la Région, c'est la même chose : il y a une stratégie de guichet commun - pas unique - à instaurer. Nous y arriverons.